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Chine: l'appel d'Alstom au boycott des trains chinois "sans  fondement"
Chine: l'appel d'Alstom au boycott des trains chinois "sans  fondement"
  2009-01-06 20:02:54  

  BEIJING, 6 janvier (Xinhua) -- L'appel du groupe français Alstom  au boycott des trains chinois est sans aucun fondement et reflète  son manque de confiance face à la crise financière mondiale, a  rapporté le Global Times dans son édition de mardi. 

     Philippe Mellier, directeur d'Alstom Transport, branche  ferroviaire du groupe industriel français, a déclaré le 2 janvier  au quotidien économique britannique Financial Times que les pays  occidentaux devraient refuser d'acheter des trains chinois,  arguant de la fermeture progressive du marché chinois aux  fournisseurs étrangers. Il a critiqué le fait que les trains  fabriqués par la Chine pour l'exportation avaient utilisé des  technologies étrangères, fournies, selon lui, à condition qu'elles ne soient pas utilisées en dehors de la Chine.  

     Ces remarques ont provoqué de vives réactions parmi les Chinois, surtout les professionnels du secteur de la fabrication des  trains. 

     Selon le Global Times, les autorités chinoises des chemins de  fer affirment que la Chine n'a signé aucun contrat de nature  exclusive au cours de sa coopération avec les entreprises  étrangères. Il n'existe donc pas de contraintes concernant  l'exportation des technologies vers un autre pays, sans compter  que la propriété intellectuelle des technologies exploitées dans  le cadre de cette coopération appartient à la Chine. Il faut noter que les entreprises étrangères ont déjà obtenu leurs bénéfices. 

     Face à la crise financière mondiale et à la stimulation de la demande intérieure en Chine, les géants occidentaux du secteur  ferroviaire auront plus de mal à se procurer des contrats sur le  marché chinois et international. Le Global Times souligne que les  remarques de Philippe Mellier ne sont qu'une excuse pour expliquer les difficultés rencontrées par la société en Chine. 

     Les professionnels chinois de la fabrication de locomotives  estiment également que l'accusation d'Alstom en matière de "vol"  par la Chine des technologies étrangères est sans fondement.  

     C'est une coopération que les entreprises chinoises et  étrangères mènent, pas un mélange de capitaux. C'est par voie  d'apprentissage, de digestion et d'assimilation que la Chine a  réuni une série de technologies qui doit appartenir à la Chine du  point de vue juridique.  

     Le journal affirme que les trains exportés par la Chine vers  la Malaisie et des pays africains utilisent tous des technologies  existant depuis longtemps et que la vitesse de ces trains se situe à environ 160km/h. 

     Quant aux techniques des trains à grande vitesse CRH (China  Railway High-speed) exploitées conjointement par la Chine, le  Japon, la France et l'Allemagne, elles ne sont utilisées que dans  le transport ferroviaire intérieur du pays et n'ont pas été  exportées.  

     Actuellement, le marché des trains en Europe, aux Etats-Unis  et en Russie n'est pas ouvert à la Chine, alors que le marché  chinois du transport ferroviaire et de la fabrication des  locomotives est très ouvert et accessible aux entreprises  étrangères.  

     Par contre, la Chine s'est heurtée à de nombreuses difficultés  en essayant d'entrer sur le marché européen. La Chine et la  Hongrie envisageaient de coopérer sur un projet ferroviaire, mais  l'Union européenne a catégoriquement refusé. 

     La Chine possède maintenant des technologies avancées sur le  plan de la fabrication des trains, et ses entreprises bénéficient  d'un coût de revient relativement bas par rapport à la concurrence internationale, indique le Global Times, citant l'économiste en  chef adjoint de la China South Locomotive & Rolling Stock  Corporation Limited, Wang Gongcheng. 

     Rien qu'en 2008, cette entreprise chinoise a signé des contrats d'exportation d'une valeur de plus de 700 millions de dollars,  contre seulement des dizaines de millions de dollars en 2000. 

     Le Global Times indique que ces dernières années, le secteur de la fabrication des trains chinois s'est rapidement développé. Il  existe par conséquent de moins en moins d'opportunités pour les  entreprises étrangères en Chine. Il ne s'agit pas d'une fermeture  du marché chinois, mais d'une baisse relative de la compétitivité  des entreprises étrangères.  

     D'après Feng Zhongping, expert des questions européennnes  relevant de l'Institut des relations internationales  contemporaines de Chine, les remarques d'Alstom temoignent de la  crise en Europe et de son inquiétude face aux produits chinois.  Les industries chinoises à forte intensité de main d'oeuvre se  transforment actuellement en industries de haute technologie.  

     Selon lui, face à la crise financière, le protectionnisme de  l'Europe se fait sentir de jour en jour. Les conflits commerciaux  entre la Chine et l'Europe pourraient se multiplier dans l'avenir.