PARIS, 24 décembre (Xinhua) -- "Nous sommes en
présence d'une crise d'une amplitude exceptionnelle... Il est impératif de
remplacer la demande privée si l'on veut éviter que la récession ne
se transforme en Grande Dépression", a averti Olivier Blanchard, économiste
en chef du Fonds monétaire international (FMI), lors d'un entretien
exclusif accordé au quotidien français Le Monde.
M. Blanchard, qui n'a pas caché son pessimisme face
à la crise financière, a estimé que deux types de mesures sont nécessaires
pour relancer l'économie, à savoir le rétablissement de la confiance
et la relance de la demande.
"Cela implique d'utiliser les outils monétaires et
budgétaires. Mais aussi, des mesures destinées à réparer le système
financier. Les banques continuent à réduire leurs crédits aux particuliers
comme aux entreprises ou aux pays émergents. Il n'y aura pas de
redémarrage de la croissance sans que ce problème soit résorbé",
a-t-il indiqué.
Selon lui, il vaut mieux que la relance "intervienne
par l'augmentation des dépenses publiques que par la diminution des
recettes publiques".
"Les constructions de ponts ou les rénovations
d'écoles risquent d'avoir plus d'effets sur la demande que des réductions
d'impôts que les ménages sont tentés de transformer en épargne de
précaution", a estimé l'économiste du FMI.
Il a également appelé les gouvernements à
adopter des plans de relance plus ambitieux pour éviter une nouvelle récession,
en évoquant des sommes représentant 3% du PIB. "Pour le moment,
une expansion budgétaire de 2% paraît suffisante. Mais, si
les circonstances l'exigent, il faut que les Etats soient prêts à
faire plus, 3 % ou plus si nécessaire".