NAIROBI, 20 décembre (Xinhua) -- Le Kenya a appelé
samedi le Conseil de sécurité des Nations-Unies à revoir le mandat de ses
17. 000 casques bleus dans l'est de la République démocratique du
Congo (RDC).
Le ministre kenyan des Affaires étrangères Moses
Wetangula a indiqué qu'on devrait autoriser les soldats de la Mission des
Nations Unies en RDC (MONUC) à utiliser la force pour rétablir la
paix et la stabilité dans le pays.
"Ils ne devraient pas seulement être faits pour
maintenir la paix comme l'indique leur mandat, mais aussi la créer", a
déclaré M. Wetangula au cours d'une rencontre ministérielle de la région
des Grands Lacs à Nairobi.
Le mandat de la MONUC inclut des actions pour
protéger les civils sous la menace imminente de violence physique, mais
les troupes onusiennes ne sont pas pour l'instant "équipées, formées
ni configurées pour intervenir rapidement afin de venir au secours de
ceux qui sont dans le besoin d'une telle protection", a rappelé le chef de
la diplomatie kenyane.
"Le Conseil de sécurité devra explorer la
possibilité de reconfigurer et de ré-équiper les contingents si la MONUC
doit protéger les civils de manière plus efficace", a-t-il affirmé.
"Les 3.000 soldats supplémentaires que nous
souhaitons ajouter seront vraiment significatifs dans le processus de paix
dans ce pays si le Conseil de sécurité peut ajuster leur mandat de sorte
qu'ils fassent plus preuve d'initiative et qu'ils soient plus
impliqués à tel point qu'ils ne devraient pas seulement maintenir la
paix mais aider à la créer", a estimé le ministre.
Wetangula a estimé que le défi de ramener la paix
dans ce pays déchiré par la guerre était énorme, ajoutant qu'il faut agir
de manière urgente.
"La situation actuelle dans l'Est de la RDC nous
invite tous à travailler ensemble pour trouver une solution politique
durable à la crise. Une RDC unie, paisible et vigoureuse n'est pas
seulement bien pour le développement et l'avenir de l'Afrique mais aussi
pour la paix et la sécurité internationales", a-t-il déclaré.
Par ailleurs, M. Wetangula a fortement invité ses
homologues des autres pays de la région des Grands Lacs présents à la
rencontre à réaffirmer l'appel pour un cessez-le-feu urgent entre
les forces du gouvernement de la RDC et les rebelles.
La rencontre de Nairobi s'est tenue pour examiner
les moyens de promotion de la paix et du développement dans la région. Elle
a vu la participation de 11 ministres des Affaires étrangères de la
Conférence internationale de la région des Grands Lacs.
Les participants doivent également examiner la
possibilité d'un pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement
dans la région des Grands Lacs, qui devrait servir de base dans la
recherche d'une solution régionale particulièrement dans l'est de la
RDC.
Environ 250.000 personnes ont été déplacées depuis
fin août depuis le début des combats entre l'armée de la RDC et les
rebelles dans la province du Nord-Kivu, dans l'est du pays.
Un cessez-le-feu déclaré par les rebelles du Congrès
national pour la défense du peuple (CNDP) semble tenir, mais les
organisations humanitaires ont indiqué l'aide humanitaire
apportée sur le terrain est loin d'être suffisante pour les nombreux
déplacés.