BEIJING, 8 décembre (Xinhua) -- La Chine a fortement
protesté dimanche contre la rencontre du président français Nicolas
Sarkozy avec le dalaï lama, soulignant que ce geste "a gravement miné les
intérêts clés de la Chine".
Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères He
Yafei a convoqué l'ambassadeur de France en Chine Hervé Ladsous et
exprimé la vive protestation de la partie chinoise auprès de la partie
française, selon le ministère chinois des Affaires étrangères.
Sarkozy, actuellement président en exercice de
l'Union européenne (UE), a persisté à rencontrer le dalaï lama samedi, au
mépris de la forte opposition du peuple chinois et des
avertissements répétés de la partie chinoise. "Cela a interféré
de façon brutale dans les affaires internes de la Chine", a ajouté
He Yafei.
"Cela a de plus sérieusement sapé les intérêts
essentiels de la Chine, gravement blessé les sentiments du peuple chinois
et saboté la base politique des relations entre la Chine et la
France et la Chine et l'UE", a-t-il fait remarquer, ajoutant que "le
gouvernement chinois s'oppose fermement à cette action".
Sarkozy avait publiquement souligné son obligation
dans le cadre de la présidence tournante de l'UE de rencontrer le dalaï
lama et un drapeau européen était sur le lieu de la rencontre.
"Tout cela a montré que la partie francaise imposait
sa mauvaise conduite à l'UE, établissant un très mauvais précédent."
Cette action a endommagé la confiance politique
mutuelle durement gagnée, la coopération globale et les perspectives
favorables créés depuis l'établissement des relations entre la Chine
et la France il y a 45 ans, a-t-il dit, ajoutant que la partie francaise
devait porter la responsabilité de toutes les conséquences graves.
"Nous demandons instamment à la partie française de
considérer prioritairement les relations bilatérales et les intérêts des
peuples des deux pays, à attacher véritablement de l'importance à la
position solennelle et juste et aux préoccupations raisonnables de la
Chine, à comprendre pleinement les dommages générés par la rencontre entre
le président Sarkozy et le dalaï lama sur les relations bilatérales, ainsi
que les relations sino-européennes, et à prendre des actions concrètes
pour corriger les erreurs sur les questions relatives au Tibet," a-t-il
dit.
De son côté, Liu Jianchao, porte-parole du ministère
chinois des Affaires étrangères, a reproché dimanche à Nicolas Sarkozy sa
rencontre avec le dalaï lama.
La Chine a averti à plusieurs reprises la France des
conséquences éventuelles de cette rencontre, en demandant à la
France de traiter de façon appropriée le problème du Tibet et de
créer le climat et les conditions à un développement normal des
relations sino-françaises et entre la Chine et l'UE, selon M. Liu.
"Regrettablement, le dirigeant français a
obstinément suivi sa propre voie concernant la question majeure relative
aux intérêts essentiels de la Chine et causé des dommages sévères aux
relations bilatérales", a-t-il indiqué.
"La Chine ne veut pas voir une telle situation et
croit que la majorité de ceux qui oeuvrent pour l'amitié sino-française et
entre la Chine et l'UE ne veulent pas voir cela non plus. La partie
française doit en assumer la pleine responsabilité," a-t-il fait
remarquer.
Sarkozy a eu samedi une rencontre d'une demi-heure
avec le dalaï lama à Gdansk, en Pologne.
La Chine n'a pas d'autre choix que de réagir, a
annoncé Liu Jianchao dans une déclaration le 28 novembre.
La décision du gouvernement chinois de reporter le
sommet a reçu un soutien énorme de la part des internautes chinois.
Les protestations en ligne sont les plus récentes
d'une série d'activités visant la France.
La rupture du relais de la flamme olympique à Paris
en avril dernier avait suscité en Chine un boycottage des produits et
entreprises français, dont Carrefour, qui avait nié les rumeurs
comme quoi il aurait soutenu le dalaï lama.
Une autre enquête en ligne ayant interrogé plus
de 170 000 personnes en juillet a montré que plus de 89% ne souhaitait
pas la présence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture
des Jeux Olympiques. Le président français avait annoncé plus tôt que
sa participation à la cérémonie d'ouverture dépendrait des
progrès enregistrés dans les pourparlers entre le gouvernement chinois
et les représentants personnels du dalaï lama.