DAKAR, 4 décembre (Xinhua) -- Des acteurs
d'organisations de lutte contre le sida sont inquiets des "conséquences de
la récession sur les programmes d'aide contre la maladie", a-t-on
appris mercredi à Dakar, où s'est ouverte la 15e conférence
internationale sur le sida et les infections sexuellement
transmissibles en Afrique (ICASA).
"Cette réunion intervient à un moment crucial. Nous
sommes arrivés à une nouvelle phase d'une lutte contre le sida longue et
difficile. Les investissements pour le sida commencent à porter
leurs fruits", a déclaré le secrétaire exécutif de l'Onusida, Peter
Piot.
L'Afrique a atteint un "temps critique" en matière
de prévention et de traitement de la pandémie. Des "nouvelles vagues
d'infections apparaissent", l'épidémie atteint "des consommateurs de
drogue", a constaté M. Piot.
"Dans un contexte de crise, il devrait être plus
difficile de combler le manque de financement du fonds mondial de lutte
contre le VIH", a-t-il estimé, avant de souligner la nécessité de "
réévaluer les ressources dont nous avons besoin, mieux définir
les besoins pays par pays, communauté par communauté afin d'améliorer
notre efficacité".
Même constat dressé par le président sénégalais
Abdoulaye Wade, qui propose de "consacrer au moins la moitié de nos efforts
à la prévention".
"A travers cette 15e conférence, l'occasion est
donnée à l'Afrique de faire le point sur des actions menées pour la
réponse à l'épidémie", a indiqué le président Wade dans son message à
cette rencontre de Dakar sur le sida.
Plusieurs personnalités et des scientifiques
participent à cette conférence, qui réunit par ailleurs de nombreuses
organisations non gouvernementales d'Afrique et d'Europe.
Certains représentants de la société civile évoquent
des "soucis importants" concernant les financements de programmes de
lutte contre le VIH/sida.
"Même si elles ont considérablement augmentées ces
années, les ressources financières allouées à la lutte contre le VIH ne
couvrent pas les besoins et demeurent trop peu accessibles aux
communautés vulnérables", a affirmé une personne affectée par la
maladie, Jeanne Gapiya.
"La dernière réunion du conseil d'administration du
fonds mondial est une source d'inquiétude pour nous. Pour la première
fois, la demande des pays ne sera pas satisfaite uniquement pour des
raisons budgétaires", a-t-elle ajouté.
Dans un rapport rendu public mercredi lors
d'ICASA 2008, un économiste de la Banque mondiale soulève les
conséquences négatives de la récession américaine sur le financement
des programmes de lutte contre le sida.