LOME, 1er décembre (Xinhua) -- Le gouvernement
togolais a lancé lundi à Notsè, à 100 km au nord de la capitale Lomé, sa
campagne nationale annuelle de lutte contre le Sida à l'occasion de
la Journée mondiale de lutte contre la pandémie.
La campagne est lancé sous le thème "Leadership :
Mener - S'activer - Responsabiliser" et intervient après que le
gouvernement eut décidé la gratuité des antirétroviraux (ARV) entrée
en application depuis le 17 novembre.
Aujourd'hui, le gouvernement entend mettre l'accent,
au cours de la campagne de sensibilisation, sur les méthodes de prévention
et la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida.
"Ne perdons pas de vue que nous ne sommes qu'à deux
ans de la date butoire pour évaluer les performances des activités vers
l'accès universel, évaluation prévue pour l'année 2010 ", a rappelé
à l'occasion de la cérémonie de lancement le ministre d'Etat et ministre
de la Santé, Komlan Mally.
Il a relevé l'importance de leadership et de
l'action du gouvernement qui doivent s'activer au tour des promesses
faites pour atteindre cet objectif.
Selon Niassé Atinedi, chargé de communication au
Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS),
avec un taux de prévalence de 3,2%, il y a en moyenne 150.000
personnes vivant avec le VIH au Togo.
"C'est environ 25.000 personnes qui sont
effectivement des malades qui ont besoin de médicaments ARV", a-t-il dit,
relevant que de ces 25.000 personnes, près de 10.000 personnes sont
aujourd'hui effectivement sous ARV.
A la suite de la gratuité des ARV décidée par le
gouvernement, le président du Réseau des associations des personnes vivant
avec le VIH/Sida (RAS Plus), Augustin Dokla, avait estimé que les
autorités togolaises devraient aller au-delà de cette mesure pour
subventionner les bilans biologiques et le traitement des infections
opportunistes qui leur sont coûteux.
"Nous saluons cette décision qui soulagerait un tant
soit peu la communauté des personnes vivant avec le VIH/Sida", a dit
Augustin Dokla, relevant que les médicament ne sont pas une fin
en soit et qu'il y a le bilan biologique à subventionner en raison
du suivi biologique qui est très important.
Il a estimé que sur plus de 25.000 Togolais qui ont
besoin des médicaments antirétroviraux, il y a quelque 4.000 personnes
élligibles qui n'arrivent pas encore à trouver les médicaments.
Pour lui, il resterait théoriquement 17.000 qui
n'ont pas accès aujourd'hui aux ARV qui sont acquis à travers un certain
nombre de projets le Fond Mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose
et le paludisme, le Gouvernement à travers le Conseil national de
lutte contre le Sida, la GTZ, le Fond Clinton etc.
Selon Mamessilé Assih, la directrice de la Centrale
d'achat des médicaments essentiels génériques du Togo (CAMEG-Togo) qui
assure au niveau du gouvernement l'approvision des ARV, l'Etat togolais
fournira des ARV au montant de 500 millions de francs Cfa, outre 45
millions de francs Cfa du programme Corridor et près de 300 millions FCFA
de la Fondation Clinton.
Pour sa part, l'Union européenne a doté le
24 octobre le Programme National de Lutte contre le SIDA (PNLS) d'un lot
de médicaments ARV pour un montant total de 209,7 millions de
francs CFA.