Accueil Chine Monde Afrique Economie Culture/Edu Science/Tech Santé Société Environnement Tourisme Sports
-
Cameroun : transformer l'or pour renforcer les réserves monétaires (PAPIER D'ANGLE)
-
Mali : lancement du Mois de lutte contre le sida
-
Le Cap-Vert est l'un des pays africains ayant le plus bas taux de prévalence du VIH
-
RDC : 1,23 million de personnes vivent avec le le VIH/sida
-
Maitien de la paix : 120 militaires camerounais déployés en Centrafrique
Cameroun : transformer l'or pour renforcer les réserves monétaires (PAPIER D'ANGLE)
  2008-12-02 08:17:24  

     Par Raphaël Mvogo  

     YAOUNDE, 1er décembre (Xinhua) -- Engagé dans une option de  valorisation de l'important potentiel minier que possède le pays,  le gouvernement camerounais annonce un projet de renforcement de ses  réserves d'or monétaires à la banque centrale, la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC).  

     "Le Cameroun n'a presque pas de réserves d'or monétaires, alors qu'il produit de l'or. Tout ce qu'il y a comme réserves, c'est que le FMI a rétrocédé à tous les pays membres", a déclaré Paul Ntep  Gweth, directeur du Cadre d'appui et de promotion de l'artisanat  minier (CAPAM).  

     Pourtant, d'après lui, la production de ce pays d'Afrique  centrale "est estimée à 100 kilos d'or par mois dans le cadre de  la petite mine". Ce minerai, précise-t-il, y est exploité depuis  1933, notamment dans la région de l'Est, qui passe pour la plus  riche en ressources minières. 

     Depuis le début, l'activité s'est surtout opérée dans un cadre  informel par les populations elles-mêmes ou clandestin par des  trafiquants. 

     "Des clandestins sont installés dans les sites. Ils sont bien  enracinés", révèle Ntep Gweth.  

     A travers le Cadre d'appui et de promotion de l'artisanat  minier (créé en 2003 et en cours de transformation en CAPAM), le  ministère de l'Industrie, des Mines et du Développement  technologique met en oeuvre depuis trois ans un programme intitulé "Appui et organisation de l'artisanat minier camerounais".  

     D'un financement global de 11, 098 milliards de francs CFA ( environ 250 millions de dollars), ce programme concerne 28 sites  pilotes, répartis dans six régions du pays. Il a notamment pour  but d'assurer la transformation de l'or issu de l'artisanat minier pour le canaliser dans le circuit formel en lingots, en essayant  de se conformer aux standards du marché international.  

     En juin dernier, le ministre en charge des Mines, Badel Ndanga  Ndinga, rapportait dans CAPAM News que près de 50 kilos d'or ont  été canalisés en 2006. A court terme, l'objectif est d'atteindre  une production de 200 à 300 kilos d'ici à 2010.  

     Spécifiquement, de l'avis de son directeur, le CAPAM a mis en  place, avec l'aide de partenaires coréens, un système de  mécanisation qui "produit à peu près 10 kilos d'or par mois, dans  le cadre de l'activité d'exploitation minière de sauvetage".  

     Pour les autorités camerounaises, explique Ntep Gweth, le  projet de renforcement des réserves d'or monétaires à la BEAC vise, d'une part, à améliorer les droits des tirages spéciaux du pays.  

     "On va tirer beaucoup plus d'argent pour le Cameroun, soutient- il, car le tirage d'argent repose sur la production des devises et en particulier l'or qui, de plus en plus, du fait des  perturbations du dollar et du pétrole, sa valeur sa valeur de  stabilité monétaire". 

     D'autre part, cette initiative envisagée devra permettre  d'assurer la stabilité économique du pays et le pouvoir d'emprunt.  

     "C'est un impératif. A titre de comparaison, le franc de  l'Afrique de l'Ouest pèse plus que celui de l'Afrique centrale  parce que la BCEAO (ndlr : Banque centrale des Etats de l'Afrique  de l'Ouest) a des réserves monétaires, alors que la BEAC n'en a  pas", souligne Ntep Gweth.  

     "L'une des faiblesses des pays en développement se manifeste  par l'insuffisance de réserves en devises et en or. Ce qui limite  leur accès au crédit international. Le Cameroun n'échappe pas à  cette réalité", a remarqué Joseph Marie Eloundou, journaliste de  sensibilité économique, consultant du CAPAM.  

     Cet organisme, agence d'exécution du ministère en charge des  Mines, a entrepris des négociations avec la BEAC en vue de définir la stratégie du gouvernement camerounais de faire de son or un  instrument stratégique devant contribuer au développement national.  

     "Nous voulons que la BEAC, qui est la banque centrale,  s'implique dans ce projet. Les contacts pris montrent qu'elle peut s'impliquer de deux façons. La première possibilité, c'est l'achat direct de l'or produit au Cameroun par cette banque. Dans ce cas,  cet or est en grande partie au bénéfice de tous les pays membres  de la BEAC", décrit Ntep Gweth.  

     Il affirme que cet intérêt est partagé majoritairement par les  Etats membres de la banque, que sont le Cameroun, le Congo, le  Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine (RCA),  le Tchad.  

     Pour le directeur du CAPAM, la deuxième possibilité consiste au renforcement des réserves d'or monétaires du Cameroun par le BEAC.  

     "Dans ce cas, le ministère chargé de la monnaie, c'est-à-dire  le ministère des Finances, peut par exemple débloquer un milliard  de francs CFA. Avec cet argent, le CAPAM pourrait canaliser 80  kilos d'or à garder à la BEAC pour le compte de l'Etat".  

     "Dans tous les deux cas, les avantages sont très importants",  vante Ntep Gweth. Grosso modo, cette opération permettra de rendre le Cameroun crédible financièrement.