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Chine: les gouvernements locaux cherchent des investissements pour stimuler l'économie
  2008-12-01 09:11:31  

      WUHAN, 1er décembre (Xinhua) -- Les gouvernements locaux se  lancent dans la recherche de nouveaux investissements, alors que  la politique macro-économique du gouvernement central est passé du désir de freiner l'inflation à la volonté d'éviter un  ralentissement de la croissance. 

     Selon le plan de relance économique, annoncé début novembre  par le gouvernement central chinois, près de 4 000 milliards de  yuans ( 585,9 milliards de dollars, soit l'équivalent de 78% des  revenus fiscaux de la Chine en 2007) sera investi au cours des  deux prochaines années pour stimuler la demande interne et  améliorer les conditions de vie des Chinois. 

     "Ce plan prévoit un important investissement, mais il n'est  pas facile d'assurer un partage équitable de ce grand cadeau.  Seuls ceux qui ont élaboré de bons projets seront bien placés pour obtenir un financement", a indiqué Qiu Yunyang, directeur chargé  de la Commission municipal pour le développement et la réforme de  Zaoyang, dans la province du Hubei (centre).  

     "Les projets financés par l'Etat ne rapporteront pas de  profits à court-terme, mais ils assureront à long-terme un  bien-être social et un meilleur environnement propices aux  investissements", a souligné ce directeur. 

     Début 2009, les travaux d'un très important gazoduc, d'un  financement de 93 milliards de yuans (13,6 milliards de dollars),  doivent être lancés à Zaoyang. Une fois achevé en 2011, ce gazoduc sera utilisé pour transporter du gaz de la région autonome Hui du  Ningxia (nord-ouest) à Hong Kong (sud). 

     A l'instar du Hubei, plusieurs provinces ont annoncé leurs  plans d'investissements. La province du Yunnan (sud-ouest) prévoit de décaisser 3 000 milliards de yuans (439,4 milliards de dollars) pour les domaines de l'énergie et des transports. 

     Le Guangdong (sud) envisage d'investir 2 300 milliards (336,9  milliards de dollars) de yuans d'ici cinq ans dans l'amélioration  du réseau de transports, alors que Beijing prévoit d'injecter 120  à 150 milliards de yuans (17,6 à 21,9 milliards de dollars) d'ici  deux ans dans les secteurs des transports et du chauffage. 

     Depuis septembre, des signes trahissent l'arrivée en Chine des effets de la crise financière mondiale. Parmi eux figurent la  baisse de la demande d'électricité, celle des ventes de la  sidérurgie et celle de l'activité dans le secteur immobilier.  

     L'économie chinoise risque de connaître "un ralentissement  sans précédent", et le taux de croissance pourrait tomber sous le  seuil de 8%, a averti l'économiste Fan Gang, membre de la  commission de politique monétaire de la banque populaire de Chine  (banque centrale). 

     Comme la stimulation de la consommation intérieure est un long processus, le gouvernement chinois a recouru au soutien à  l'investissement, outil qu'il avait déjà utilisé en 1997 pour  lutter efficacement contre la crise financière asiatique.   

     Restriction et contrôle   

     Le gouvernement central a déjà approuvé 100 milliards de yuans (14,6 milliards de dollars) d'investissements pour le quatrième  trimestre de 2008. Dans ce panier, 20 milliards (2,9 milliards de  dollars) sont déjà réservés à des projets finalisés, il ne reste  que 80 milliards de yuans (11,7 milliards de dollars) sur la table à partager entre les provinces, indique un rapport publié par la  commission provinciale pour le Développement et la Réforme de  l'Anhui (est).  

     "Nous (gouvernements locaux) n'aurons pas le droit de toucher  au fonds de financement. Les sommes seront directement versées aux investisseurs. Notre rôle consiste à créer des emplois, à stimuler la consommation et à collecter davantage de revenus fiscaux", a  souligné Qiu Yunyang, responsable de la ville de Zaoyang. 

     La Commission d'Etat pour le Développement et la Réforme qui  coordonne le développement économique de la Chine, favorise les "  projets déjà en cours et qui nécesssitent un fort apport en  capital , et les nouveaux projets capables de renforcer le  dynamisme de la croissance économique". 

     Selon des responsables locaux, 60% des investissements de  l'Etat seront réservés aux infrastructures et à l'immobilier, le  reste étant destiné au secteur industriel affecté par la crise  financière. 

     "Ces mesures vont dans la bonne direction. Mais il est  nécessaire d'être vigilant sur les investissements précipités. La  tâche de la restructuration ne doit pas être ignorée, sinon nous  devrons payer cher pour les investissements excessifs", souligne  Xiao Bai, directeur général de la compagnie d'ingénierie et de  recherche WISDRI, basée à Wuhan.  

     En vertu des règles actuelles, chaque projet doit être  conforme à la réglementation de la protection environnementale, et respecter les plans d'utilisation de terre et de capitaux. Chaque  projet fera l'objet d'une étude de la faisabilité.  

     Les projets grands consommateurs de ressources et susceptibles de polluer l'environnement ont peu de chance de passer le strict  examen que va leur faire subir le gouvernement central, commente  Qiu Yunyang.  

     Le contrôle des crédits constitue l'autre moyen de prévenir  les investissements aveugles, relève le superviseur bancaire de la ville de Xiantao (du Hubei), Guo Kunming. Toutes les institutions  bancaires doivent soumettre leurs nouveaux prêts aux contrôleurs,  a-t-il dit.  

     Selon Zhang Ping, ministre chargé de la Commission d'Etat pour le Développement et la Réforme, le gouvernement central va mettre  l'accent sur la responsabilité des financiers participant à la  mise en oeuvre des projets et dans toutes les phases de  l'opération: examen des dossiers, exécution, et contrôle.