DAKAR, 30 novembre (Xinhua) -- Le Sénégal est sur
une "bonne voie" en matière de prévention contre le VIH/sida et est
considéré comme un modèle sur le continent africain, son taux de prévalence
étant contenu à 0,70 %.
"Le Sénégal est sur une bonne voie, car c'est l'un
des rares pays à avoir réagi dès le début de l'épidémie en 1986, en
faisant participer tous les acteurs du milieu sanitaire, scientifique et
de la société civile", a déclaré à Xinhua le secrétaire général
du Conseil national de lutte contre le sida (CNLS), le Dr Ibra
Ndoye.
Concernant le traitement des malades, "le Sénégal
est le premier pays d'Afrique à avoir mis en place l'accès aux
antirétroviraux (ARV) en 1998" et "a rendu gratuit l'accès aux
ARV aux personnes vivant avec le VIH/sida" en 2004, a-t-il rappelé.
Cette mesure est considérée comme un facteur de
réussite de la prévention de la pandémie au Sénégal. Début novembre,
l'organisme des Nations Unies au Sénégal avait félicité les efforts
consentis par le pays.
Pourtant, le Sénégal "a accusé un retard dans le
dépistage et le traitement prophylactique", constate le CNLS.
Par ailleurs, "le bilan médical est coûteux, et pose
aujourd'hui problème", avertit la directrice exécutive de l'Alliance
nationale contre le sida (ANCS), Mme Magatte Mbodj.
Le Sénégal accuse aussi un net retard de la
prévention de la transmission mère-enfant.
Le nombre de dépistages des femmes enceintes au
Sénégal a pourtant progressé. En 2007, on comptait 40.000 femmes ayant
fait un test du VIH/sida. Au premier semestre 2008, ce chiffre est
passé à 45.000.
D'après les médecins et organismes de lutte contre
la maladie, le Sénégal se heurte à des barrières socio-culturelles fortes.
Certaines femmes enceintes séropositives refusent d'effectuer un
dépistage.
"Nous nous confrontons à un problème d'ordre
culturel. 65% des femmes de nos centres font le dépistage. Mais il y a
encore 30% de déperdition, en raison des maris qui refusent que leur femme
fasse le test", observe le Dr Ndoye.
Ce blocage culturel a une incidence sur le
traitement des malades. L'ANCS est une organisation qui coordonne la
prévention au niveau communautaire. Cette institution observe "des
réticences " de la part des malades.
"Il y a encore des réticences liées à la
stigmatisation et à la discrimination", témoigne Mme Mbodj.
"Bien que les ARV soient gratuits, dans certaines
localités du pays, les gens hésitent à aller les prendre, de peur d'être
stigmatisés. Ils craignent qu'en restant chez eux, à prendre les
médicaments, que les gens soupçonnent leur état sérologique",
ajoute-t-elle.
Pour la seconde fois, le Sénégal abrite
la Conférence internationale sur le sida et les infections
sexuellement transmissibles (IST) en Afrique du 3 au 7 décembre. La
rencontre vise à encourager le partage des découvertes récentes en matière
de VIH/sida et d'IST sur le continent.