BANGKOK, 26 novembre (Xinhua) -- L'aéroport
international Suvarnabhumi de Bangkok a été paralysé mercredi, la
plupart de ses vols de la journée ayant été annulés après que les
protestataires de l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD)
se furent emparés de l'aéroport mardi soir, dans le cadre de leurs
opérations visant à renverser le gouvernement de Somchai
Wongsawat.
L'escalade de confrontation
politique pourrait ternir les images du pays et de son industrie
touristique.
(Photo: Xinhua/AFP)
Plusieurs milliers de passagers, les étrangers pour
la plupart, sont restés dans l'aéroport après l'intrusion des membres de la
PAD dans le terminal, conduisant à l'annulation des opérations de
l'aéroport après 21H00 locales (14H00 GMT).
A ces boulversements s'ajoutent aussi quatre
explosions survenues mercredi matin près de l'aéroport international
Suvarnabhumi et l'aéroport intérieur Don Mueang, qui ont fait au
moins douze blessés.
La PAD a annoncé mercredi que
l'occupation de l'aéroport Suvanarbhumi durerait jusqu'à la démission du
Premier ministre Somchai Wongsawat.
(Photo: Xinhua/AFP)
Certaines ambassades à Bangkok, dont celles de Chine
et des Etats-Unis, ont mis en garde leurs citoyens contre le voyage en
Thaïlande pour le moment, leur demandant de s'éloigner des lieux de
protestation en prévision de toute atteinte.
Les compagnies aériennes thaïlandaises, dont Thai
Airways International, Bangkok Airways et Thai Air Asia, ont annulé la
plupart de leurs vols entrants et sortants à Suvarnabhumi, ou
fait déplacer leur destination vers des pays voisins comme Singapour,
ou dans des aéroports provinciaux de Thaïlande, tels que Chiang
Mai.
Aux dires de Serirat
Prasutanon, directeur de l'aéroport Suvarnabhumi, le siège de la PAD a
suspendu l'opération de la plupart de quelque 700 vols dans l'aéroport,
coûtant ainsi une perte quotidienne de 50 millions de bahts (1,43 millions
de dollars).
(Photo: Xinhua/Reuters)
La protestation de la PAD, qui intervient à
l'approche des vacances du noël et du nouvel an, devrait porter un coup
dur à l'économie nationale déjà mal en point, qui s'appuit notamment
sur les investissements étrangers et le tourisme.
Apichart Sankary, président de l'Association des
agents de voyage thaïlandais (ATTA), a estimé que le tourisme du pays
devrait subir une perte colossale l'an prochain en raison de la
tourmente politique.
"Ils (protestataires) ont le droit de protester,
mais ils doivent tenir compte des droits des autres. Et ils doivent tenir
également compte de l'atteinte portée à l'ensemble du pays", a
martelé Olarn Chaipravat, vice-Premier ministre chargé de la
politique économique.
Depuis août dernier, les protestataires de la PAD
ont investi les aéroports dans les villes touristiques majeures
thaïlandaises, provoquant la clôture temporaire des aéroports de Krabi, de
Phuket et de Hat Yai dans le sud du pays.
En outre, ils s'en sont pris aux institutions
d'Etats et ont occupé le siège du gouvernement, réclamant la démission de
M. Somchai, qui est, selon la PAD, un mandataire de l'ex-Premier
ministre Thaksin Shinawatra.