ROME, 25 novembre (Xinhua) -- Si l'Afrique contribue
de manière significative aux gaz à effet de serre (GES) émis à
partir d'autres sources que les carburants fossiles, il semble qu'elle
absorbe plus de carbone qu'elle n'en relâche dans l'atmosphère,
selon CarboAfrica, un programme de recherche international auquel
contribuent 15 institutions africaines et européennes ainsi que
la FAO.
Selon l'étude par CarboAfrica des feux de forêt dans
le parc Kruger (Afrique du Sud), cité par la FAO dans un communiqué
publié mardi à Rome et à Accra, des flux de dioxide de carbone dans les
forêts humides du Ghana et des modèles climatiques au Soudan montre
qu'en dépit de sa contribution mineure aux é missions de GES à partir des
carburants fossiles -moins de 4% du total, l'Afrique apporte une
contribution majeure en ce qui concerne les émissions mondiales à partir
de sources naturelles.
En ce qui a trait à la déforestation et aux
incendies, les émissions de l'Afrique représentent respectivement 17% et
40% du total.
En outre, l'Afrique influence fortement les
variations atmosphériques de CO2 entre les saisons et d'année en année. A
cet égard, la moitié des émissions peuvent être attribuées à
l'Afrique.
"Les premiers résultats montrent que l'Afrique joue
un rôle clé dans le système du climat mondial", indique Riccardo
Valentini de l'Université de la Tuscia et coordonnateur pour l'Italie du
projet CarboAfrica.
Celui-ci avait été créé en 2006 grâce à un
financement de 2,8 millions d'euros du Département de la recherche de la
Commission européenne.
Ce qui compte le plus, précise M. Valentini, c'est
la différence entre le carbone capté par la photosynthèse dans les
vastes savanes et forêts de l'Afrique et le carbone relâché dans
l'atmosphère et qui résulte de la déforestation, des feux et de
la dégradation des forêts.
"Les résultats concrets montrent jusqu'ici que
l'Afrique semble être un +réservoir de carbone+, c'est-à-dire qu'elle
capte plus de carbone de l'atmosphère qu'elle n'en émet", ajoute M.
Valentini.
"Si cela se confirme, cela voudra dire que l'Afrique
contribue à la réduction de l'effet de serre, atténuant ainsi les
conséquences du changement climatique."
CarboAfrica a observé le cycle du carbone en Afrique
subsaharienne grâce à un réseau de stations de monitorage dans 11
pays au cours des deux dernières années.
Les résultats préliminaires, qui doivent
être finalisés en 2010, font l'objet d'une conférence à Accra (Ghana) du 25
au 27 novembre 2008 à laquelle participent plus de 100
experts gouvernementaux, des Nations Unies et de la communauté
scientifique internationale.