PARIS, 25 novembre (Xinhua) -- Des millions
d'enfants dans le monde n'ont accès à l'éducation du fait de l'incapacité
de gouvernements à réduire les inégalités profondes et persistantes
dans ce secteur, indique un rapport de l'Organisation des Nations
unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) rendu
public mardi à l'occasion de la 48e conférence sur l'éducation
internationale à Genève, en Suisse.
Le rapport évoque un "large fossé" qui sépare les
pays riches des pays pauvres pour ce qui est des chances de s'instruire:
alors que plus d'un tiers des enfants des pays riches achève des études
supérieures, dans une grande partie de l'Afrique subsaharienne, ils
sont moins nombreux à aller jusqu'au terme de l'enseignement primaire, et
5% seulement à parvenir au niveau universitaire.
Par ailleurs, dans les pays en voie de
développement, un enfant sur trois en âge d'intégrer l'école primaire (soit
193 millions d'enfants) souffre de lésions cérébrales et de perspectives
d'éducation réduites pour cause de malnutrition et 75 millions
d'enfants en âge de fréquenter l'école primaire ne sont pas
scolarisés, près du tiers d'entre eux vivant en Afrique
subsaharienne.
L'écart de scolarisation entre les sexes reste
important dans une bonne part de l'Asie du Sud et de l'Afrique
subsaharienne, souligne le rapport, et les handicaps liés à la langue, à
la race, à l'appartenance ethnique et aux différences entre citadins et
ruraux demeurent insurmontables. Au Sénégal, les enfants des
zones urbaines ont deux fois plus de chances d'être scolarisés que les
enfants vivant dans des zones rurales.
Par ailleurs, bien que des millions d'enfants
entament une scolarité, mais l'abandonnent avant d'avoir achevé le cycle
primaire. L'évaluation des acquis scolaires met aussi clairement en
évidence la mauvaise qualité de l'enseignement: beaucoup d' élèves
quittent l'école sans avoir acquis un minimum de compétences en lecture et
en calcul, déplore l'Unesco dans le rapport.
Pour rattraper ces retards, des réformes d'envergure
et des investissements plus massifs sont nécessaires, selon le
rapport.
"Lorsque les systèmes éducatifs échouent, les
conséquences sont moins visibles (par rapport aux systèmes financiers),
mais tout aussi réelles. L'inégalité des chances en éducation alimente la
pauvreté, la faim et la mortalité infantile et réduit les
perspectives de croissance économique", a averti dans un communiqué
Koïchiro Matsuura, directeur général de l'Unesco, qui a appelé les
gouvernements à agir "avec un plus grand sentiment d'urgence".