DAKAR, 20 novembre (Xinhua) -- Le président
mauritanien renversé le 6 août dernier par un conseil militaire, Sidi
Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, a adressé jeudi un discours à la nation
mauritanienne dans lequel il a déclaré être "prêt au dialogue une
fois le coup d'Etat mis en échec".
Il a fait sa déclaration à partir de sa résidence
surveillée à Lemden, à 200 km de Nouakchott, par le biais d'une chaîne
arabe Al Arabiya, basée à Duba.
"Une fois le coup d'Etat mis en échec, je serai
ouvert au dialogue et à la réflexion sur l'avenir du pays dans le cadre de
la Constitution et des lois de la République, dans un climat de
tolérance et de pardon, au service de cohésion nationale", a-t-il
affirmé.
Il a également accusé le président de la junte, le
général Mohamed Ould Abdel Aziz, d'avoir ignoré "l'honneur du service
militaire" et le "devoir d'obéissance".
Le président déchu a indiqué qu'il a besoin de
l'aide de ses concitoyens pour retrouver son pouvoir.
Ces propos traduisent la volonté du président
renversé de ne pas démissionner, comme certains le souhaitent, pour
permettre une solution pacifique de la crise que connaît la Mauritanie
depuis plus de trois mois.
Ce discours intervient à quelques heures de
l'expiration de l'ultimatum fixé par l'UE à la junte pour rétablir l'ordre
institutionnel dans le pays.
Habillé en boubou traditionnel et
visiblement fatigué, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a essayé de défendre
son bilan, expliquant que les 15 mois de son règne ont vu le renforcement
de l'unité nationale par le retour des réfugiés, la lutte
contre l'esclavage et l'enracinement de la culture de la liberté et
de la démocratie, rapporte l'Agence de presse africaine.