TUNIS, 20 novembre (Xinhua) -- Le Groupe de la
Banque africaine de développement (BAD) a mis en place un suivi quotidien
des principaux indicateurs afin de surveiller de près l'évolution de
la crise financière internationale.
Dans un communiqué rendu public jeudi, à Tunis, la
BAD a souligné que depuis le dé clenchement de la crise, il a mis sur
pied un groupe de travail interdépartemental chargé de suivre
l'évolution quotidienne des marchés financiers africains et
occidentaux, des taux de change et des cours des matières
premières.
"Ces indicateurs concernent tous les pays africains
et les principaux pays américains, ainsi que des économies clés en Asie,
avec comme date de référence le 31 juillet 2008", précise la BAD
dans son communiqué.
"Les outils de surveillance que nous utilisons,
explique Taoufik Rajhi, économiste à la BAD, analyse des marchés
financiers, des taux de change et des cours des matières premières - sont
non seulement actualisés quotidiennement, mais également disponibles
au public à travers notre site web".
Au niveau des marchés financiers, les outils de
suivi de la BAD font clairement ressortir une "tendance généralisée à la
baisse, due à un phénomène de contagion mécanique", observe M.
Rajhi.
La même tendance est de mise pour les taux de
change. La plupart des monnaies africaines subissent automatiquement le
contrecoup de l'appréciation du dollar par rapport à l'euro, note
l'économiste de la BAD.
Le cours des matières premières n'échappe pas à
cette tendance baissière, avec un recul de plus de 50% pour le pétrole, de
45% pour l'argent ou encore de 31% pour les fèves de cacao.
" Le recul des matières premières est un grand sujet
de préoccupation dans la mesure où les pays exportateurs de pétrole
notamment contribuent à plus de 50% dans la croissance
africaine", s'alarme Léonce Ndikumana, le directeur du département de la
recherche de la BAD.
La BAD a joué un rôle dans la riposte africaine à
la crise financière internationale en mobilisant les ministres
des Finances africains et les gouverneurs de banque centrale à Tunis pour
une réunion extraordinaire le 12 novembre 2008, à la veille du sommet
du G20 du 15 novembre à Washington.