MOSCOU, 13 novembre (Xinhua) -- La Russie
pourrait abandonner ses projets de déployer des missiles de courte portée
dans l'enclave balte de Kaliningrad si la nouvelle administration
américaine change ses projets de défense anti-missile, a déclaré le
président Dmitry Medvedev dans une interview accordée au
quotidien français Le Figaro, publiée jeudi.
Dans son premier discours à la nation la semaine
dernière, M. Medvedev avait déclaré que la Russie allait déployer un
système de missile à courte portée dans la région de Kaliningrad bordant la
Pologne et la Lituanie, en réponse aux projets américains
d'installation d'un bouclier anti-missile en Europe centrale.
"Je pense que c'est une réponse complètement
appropriée. Ce n'est pas nous qui avons commencé tout ça, "a souligné M.
Medvedev au journal français.
Cependant, "nous pourrions reconsidérer cette
réponse si la nouvelle administration américaine est prête à examiner et
analyser une fois encore toutes les conséquences de ses décisions de
dé ploiement de missiles et d'installations radars", a précisé M.
Medvedev.
Le président russe a déclaré que les signaux envoyés
jusqu'à présent par l'équipe de transition de Barack Obama montrent la
volonté de Washington de considérer un compromis à ce problème.
"La première réaction que nous avons eu de
l'administration américaine entrante nous donne de l'espoir (..) Nous
sommes prêts à discuter, et en même temps nous sommes également prêts pour
" l'option zéro", a-t-il indiqué.
"De plus, nous sommes prêts à continuer à travailler
sur l'idée d'un système de défense global dans lequel on trouverait
les Etats-Unis, les Etats membres de l'Union européenne, et la
Fédération russe", a-t-il ajouté.
En 2007, Washington a proposé d'établir un bouclier
anti- missile en Europe centrale, composé de missiles intercepteurs en
Pologne et d'une station radar en République tchèque.
Moscou s'est toujours opposé à ce projet, déclarant
qu'il menace sa sécurité nationale. Cependant, les Etats-Unis insistent
sur le fait que le bouclier est conçu pour contrecarrer les attaques
potentielles de missiles des "Etats voyous".
Jeudi dernier, Washington a remis à Moscou de
nouvelles propositions sur la réduction des armes nucléaires et la défense
anti-missile, alors que la Russie a fait savoir qu'elle ne répondra
pas à ses propositions avant janvier, quand l'administration Obama entrera
officiellement au pouvoir.
L'ambassade américaine à Moscou a
déclaré mercredi que la Russie et les Etats-Unis ont accepté de
reprendre les négociations sur la sé curité stratégique et la défense
anti-missile en décembre.