KHARTOUM, 12 novembre (Xinhua) -- Le président
soudanais Omar el- Bechir a annoncé mercredi un cessez-le-feu immédiat dans
la région soudanaise ravagée par la guerre du Darfour afin d'ouvrir la voie
aux négociations de paix organisées par les arabes avec les
mouvements rebelles.
(Photo: Xinhua/AFP)
Bechir a fait cette déclaration durant la dernière
session du Forum de l'initiative du peuple soudanais pour le règlement du
problème du Darfour, qui a élaboré une stratégie pour renforcer
la sécurité et d'autres mesures qui permettront à de millions de
déplacés et aux réfugiés de retourner dans leurs villages au
Darfour.
Le forum a été organisé par le gouvernement
soudanais pour discuter d'un plan de paix proposé par la Ligue arabe
pendant une rencontre spéciale à Doha, la capitale du Qatar, et appelant à
la reprise des discussions de paix entre le gouvernement et les
mouvements rebelles au Darfour.
Prenant la parole lors du Forum, Bechir a déclaré:
"j'annonce, par conséquent, notre cessez-le-feu inconditionnel et immédiat
entre les forces armées et les factions en guerre, pourvu qu'un
mécanisme effectif de contrôle soit mis en oeuvre et observé par
toutes les parties concernées."
Le président Bechir a indiqué que le gouvernement
"mettra sur pied immédiatement une campagne de désarmement des milices et
de restriction de l'utilisation des armes entre les forces armées."
Il a aussi annoncé son adhésion au principe suggéré
dans le rapport final du Forum sur le dédomagement des victimes du
conflit qui dure depuis 25 ans au Darfour, dans lequel le gouvernement du
Soudan a affirmé que quelque 10.000 personnes ont été tuées et deux
millions déplacées.
Le rapport final du Forum recommande un
cessez-le-feu unilatéral et immédiat et demande au gouvernement d'assurer
la sécurité dans les régions natales des personnes qui ont fui les
campagnes militaires commencées au Darfour en 2003.
La politique mentionnée dans le rapport représente
un effort de conserver l'Accord de paix du Darfour (DPA) signé le 5 mai
2006 par un principal dirigeant rebelle, Minni Arkou Minawi, comme la
base pour des futures négociations.
Le forum a accepté le principe de dédomagement
individuel des victimes de la guerre, mais a aussi demandé au gouvernement
d'accorder la priorité aux indemnisations collectives par famille.
La rencontre a aussi suggéré de rétablir le Darfour
comme une seule région administrative au lieu de trois, ce qui est l'une
des revendications à l'origine de la rébellion.
Le rapport de 67 pages recommande également au
Darfour d'être représenté par un vice-président au sein du gouvernement
national, qui en compte déjà deux.
Ces concessions sont proches des exigences des
rebelles rejettées par Khartoum aux négociations de paix d'Abuja en 2006
dont la médiation était assurée par l'Union Africaine.
A l'époque, les deux principaux groupes rebelles du
Darfour - Le Mouvement pour la libération du Soudan (SLM) et le Mouvement
pour l'égalité et la justice (JEM) - avaient refusé de signer un
accord qui ne reconstituait pas le Darfour en une seule région
administrative et qui ne lui confiait pas une vice-présidence.