ABIDJAN, 12 novembre (Xinhua) -- Le président de
l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, Mamadou Koulibaly, appelle à un
désarmement "définitif et complet" avant les élections censées
mettre fin à la crise dans son pays.
"Je propose que l'on ait un désarmement définitif et
complet, clair, que les personnes qui n'ont pas le droit d'être en armes
ne le soient pas pendant les élections", a déclaré Mamadou Koulibaly
dans une interview publiée mercredi par le journal gouvernemental
Fraternité Matin.
Malgré l'accord de Ouagadougou signé en 2007 par le
président Laurent Gbagbo et les Forces nouvelles (FN, ex-rébellion) qui
prévoit le désarmement des ex-combattants, le redéploiement de
l'administration sur l'ensemble du territoire et l'organisation
d'élections, la moitié nord du pays est toujours sous contrôle
des FN.
Selon M. Koulibaly, membre influent du Front
populaire ivoirien (FPI, au pouvoir), des élections sans désarmement
pourraient susciter "une protestation des résultats, vu qu'il y a
encore des gens en armes, et la crise continuera".
"C'est ma crainte, on l'a vu au Congo (République
démocratique du Congo), au Tchad, au Soudan et dans pratiquement tous les
pays d'Afrique", a-t-il déploré, critiquant "la nouvelle méthode
africaine de résolution des conflits".
"Quand il y a un conflit, on s'arrange pour qu'il y
ait un gouvernement de réconciliation ou de transition, on oblige
presque les hommes politiques et les populations à aller à des élections
sans que le conflit armé soit résolu", a dénoncé le numéro deux
ivoirien.
Initialement prévue le 30 novembre, après
plusieurs reports depuis 2005, l'élection présidentielle ivoirienne a été
une nouvelle fois reportée lundi suite à un retard dans
l'opération d'identification et de recensement électoral constaté par
une réunion à Ouagadougou des principaux leaders politiques.