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L'UE souhaite des résultats "ambitieux" au sommet de Washington (SYNTHESE)
  2008-11-08 09:06:09  

     Par Liu Xiurong  

     BRUXELLES, 7 novembre (Xinhua) -- Les chefs d'Etats et de  gouvernement des 27 pays membres de l'Union européenne (UE) ont  convenu vendredi à Bruxelles de présenter de grandes initiatives  au sommet international sur la crise financière prévu le 15  novembre à Washington, pour obtenir des résultats "ambitieux" dans la réforme du système financier mondial. 

     Lors de du sommet informel destiné à coordonner leur position  en prélude au sommet de Washington, auquel participeront 20 grands pays développés et émergeants, les leaders européens se sont mis  d'accord sur un plan sur la réforme du système financier mondial  proposé par la présidence française de l'UE. 

     Lors d'une conférence de presse tenue à l'issue du sommet, le  président français Nicolas Sarkozy a indiqué que "cette réunion  informelle a permis un très large débat et je peux dire qu'il y a  une position commune assez détaillée de l'Europe" sur la réforme  du système financier. 

     "L'Europe ira donc à Washington avec la volonté de défendre une ligne, celle de la transparence et de la refondation", a dit M.  Sarkozy avant d'ajouter que la réunion de Washington devrait  aboutir à des résultats "ambitieux". 

     Dans une déclaration adoptée après le sommet, les dirigeants  de l'UE estiment que le bloc doit y prendre une part majeure, sur  trois plans: des principes communs pour construire un nouveau  système financier international; une méthode de travail pour  assurer des décisions réelles et rapides; un programme complet de  réponses dont certaines doivent être adoptées sans délai. 

     Pour les dirigeants de l'UE, les outils d'intervention du Fonds monétaire international (FMI) devront être modernisés pour lui  permettre d'intervenir de manière préventive et ses moyens être  augmentés pour lui permettre de venir en aide efficacement aux  pays touchés par la crise. 

     En application de ces principes, cinq orientations concrètes  pourraient être adoptées lors du prochain sommet international sur la crise financière: soumettre les agences de notation à un  enregistrement, à une surveillance ainsi qu'à des règles de  gouvernance; arrêter le principe d'une convergence des normes  comptables; décider qu'aucun segment de marché, aucun territoire,  aucune institution financière n'échappe à une régulation  proportionnée; mettre en place des codes de conduite pour éviter  la prise de risque excessive dans l'industrie financière; confier  au FMI la responsabilité première, avec le Forum de stabilité  financière (FSF), de recommander les mesures nécessaires pour  restaurer la confiance et la stabilité.  

     "Le sommet de Washington doit être l'occasion d'intégrer cette  réforme du système financier international dans l'ensemble plus  vaste des défis du XXIème siècle que nous restons déterminés à  relever: la sécurité alimentaire, la lutte contre la pauvreté et  le changement climatique, et la promotion du libre échange à  travers l'achèvement rapide du cycle de Doha", a indiqué le  président de la Commissione européenne (CE), José Manuel Barroso,  lors de la conférence de presse. 

     Pour les dirigeants de l'UE, le sommet de Washington devrait  fixer une méthode de travail permettant de marquer des progrès  réguliers et rapides vers la réforme du système financier  international.  

     Une période de 100 jours, à partir du 15 novembre, est  nécessaire pour préparer les mesures d'application des principes  qui viennent d'être rappelés. 

     Les dirigeants de l'UE ont enfin demandé au Conseil des  ministres européens de l'Economie et des Finances (ECOFIN) et à la CE de présenter au Sommet européen de décembre une stratégie  européenne pour faire face au ralentissement économique et  préserver la croissance et l'emploi. 

     Bien que les dirigeants de l'UE soient tombés d'accord sur les  grandes lignes sur la réforme du système financier mondial, M.  Sarkozy a quand même reconnu qu'il existait "des différences"  d'opinions dans pays membres de l'UE.  

     Certains pays jugent le plan proposé par le président Sarkozy  trop détaillé et trop ambitieux, qui, selon eux, pourrait conduire à une surveillance excessive du marché financier. La Suède estime  que la tâche la plus pressante pour le moment était de trouver des réponses rapides susceptibles de surmonter la crise financière qui n'est pas encore terminée, au lieu de mettre au point des  règlements ou règles.  

     La République tchèque, qui assurera la présidence tournante de  l'UE dans la première moitié de 2009, a indiqué que la France  était trop hâtive parce que la réforme du système financier  international ne pourrait être réalisée en un jour. Prague a  espéré que l'UE présenterait une série de principes au sommet des  20 de Washington et que les détails de ces principes pourraient  être examinés ultérieurement.  

     De son côté, l'Allemagne estime que le plan français pourrait  conduire à la création d'un mécanisme de gouvernance économique  super-national soit à l'échelle mondiale soit au niveau de l'UE.  

     "Nous sommes très sceptiques à l'égard de ce sujet. Nous  n'avons pas besoin d'un gouvernement économique européen", avait  indiqué le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück.