PARIS, 30 octobre (Xinhua) -- Le ministre français
des Affaires étrangères Bernard Kouchner, dont le pays assume
actuellement la présidence de l'Union européenne, a déclaré jeudi
qu'il faudrait envoyer rapidement de l'aide humanitaire à Goma, dans
l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) sous la menace des
violences.
Une réunion du Comité politique et de sécurité de
l'UE doit se réunir jeudi ou vendredi à Bruxelles, pour analyser la
situation et clarifier la mission des "groupes tactiques" européeens,
disponibles pour soutenir la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), a
affirmé le ministre français, lors d'un point de presse conjoint
avec le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et de
sécurité commune, Javier Solana, à l'issue de leur rencontre à
Paris.
M. Kouchner a indiqué que l'UE réfléchissait sur la
mobilisation d'autres dispositifs d'urgence de l'UE, notamment
des groupes tactiques ("battle groups" en anglais). Il a néanmoins
précisé qu'il ne s'agissait pas d'envoyer des troupes pour combattre
aux côtés de la Monuc déjà forte de 16.000 hommes, dont 4.000 à
Goma.
1.500 soldats de l'UE sont "théoriquement"
disponibles pour " conforter" la mission de la Monuc, par un "apport
technique et humanitaire", a expliqué le ministre français. Il a admis par
ailleurs que les pays européens avaient encore "des attitudes
différentes les unes par rapport aux autres" sur la mission que les
Européens devrait assumer dans l'Est de la RDC.
M. Kouchner a déclaré par ailleurs qu'il s'agissait
d'une " question politique" dans l'Est de la RDC. Il faudrait un
" réglement politique", de la "pression politique" des deux côtés
de la RDC et du Rwanda, afin qu'une entente politique entre les deux
côtés puisse mettre fin aux violences.
M. Solana a affirmé quant à lui que les Européens
étaient en train d'examiner "toutes les options", soulignant néanmoins que
l'aide humanitaire était la "priorité numéro un".
Les conflits ont intensifié depuis fin 2006 dans
l'Est de la RDC, qui avaient causé plus de 800.000 personnes déplacées
internes (PDI) en janvier 2008. Environ 45.000 personnes ont fui
mercredi les camps destinés aux PDI pour se rendre à Goma, selon le
Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).