LUSAKA, 30 octobre (Xinhua) -- Les Zambiens sont
allés aux élections jeudi pour élire un successeur au feu président Levy
Mwanawasa, décédé en août des suites d'une attaque cérébrale.
Les analystes politiques ont identifié le président
intérimaire Rupiah Banda et le leader de l'opposition Michael Saata comme
les deux principaux rivaux pour la course, quoiqu'il y ait quatre
candidats qui se sont lancés dans la bataille.
Parallèlement des observateurs ont indiqué qu'avec
les conséquences de la crise financière mondiale qui se prolongent,
des pays africains, dont la Zambie, pourraient progressivement
ressentir les repercussions. Quelque soit celui qui sera élu, il
fera face aux defis apportés par la crise.
Le premier président zambien Keneth David Kaunda a
qualifié la crise comme l'une des préoccupations du futur président. "Nous
ne pouvons pas voir la Zambie de manière isolée. Les problèmes dans
d'autres pays forceront la Zambie à examiner la question. Nous
attendons juste de voir quelle heure il est," a déclaré
l'octogénaire.
"Nous espérons et sommes confiants que quelque soit
celui qui est élu, il suivra les pas du feu président Levy Mwanawasa et
développera notre pays le plus vite possible", a-t-il dit.
Le projet économique de Mwanawasa a transformé la
Zambie en une étoile montante en Afrique australe. Depuis sa première
élection en 2001, il a poursuivi une politique économique prudente,
faisant des efforts pour promouvoir la production agricole et encourager
des investissements étrangers.
Le prix croissant du cuivre et la hausse des
investissements étrangers ont relancé l'industrie zambienne de cuivre
pendant que la politique économique pragmatique du gouvernement a conduit
à l'annulation de l'énorme dette extérieure et à une remarquable
croissance économique . Le taux de croissance annuel s'est situé à 5%
depuis 2001. L'inflation a diminué à un chiffre en 2006, pour la première
fois en trois décennies.
La performance du pays a été saluée
internationallement. Des analystes ont, en partie, attribué la reélection
de Mwanawasa lors des élections générales de 2006 au succès
économique.
Etant donné que le décès de Mwanawasa a créé une
incertitude politique en Zambie, l'économie du pays a aussi commencé à
ressentir la pression. Le prix du cuivre s'est effondré de 50%,
affectant la rentrée des devises étrangères du pays où le cuivre et
des produits du même ordre constituent des principales exportations.
Le kwacha, la monnaie zambienne, a connu une
dépréciation accrue. Le taux de change est parti d'environ 3.000 kwacha
contre un dollar à presque 4.500 pour un dollar. Selon le rapport du
marché financier de la Barclays Bank of Zambia, les échanges de
cette semaine ont commencé à 4.550 kwacha et 4.570 kwacha pour
changer ou obtenir un dollar.
L'inflation a augmenté annuellement passant de 13,2%
en août pour 14,2% en septembre, selon les données de l'Office central de
statistiques. Les autorités zambiennes auraient revu à la baisse les
prévisions de croissance économique du pays pour l'année 2008 de 7% au
départ à 6%.
Le gouvernement zambien a commencé à adopter des
mesures pour faire face aux changements économiques et protéger l'économie
nationale. Selon des media locaux, le président par intérim Banda a
garanti aux investisseurs le soutien du gouvernement, déclarant que les
autorités dépenseront environ 400 millions de dollars pour augmenter la
capacité de production d'électricité à la Kariba North bank of Zambia,
pour faire en sorte qu'il y ait assez d'électricité pendant les deux
prochaines années.
Le gouvernement a également baissé les prix des
engrais afin de permettre aux agriculteurs de les acheter à un prix
moindre de 50 000 kwacha (11 dollars) le sac. Cette initiative devrait
permettre de renforcer le développement agricole du pays, qui
cherche à diversifier son économie.
En même temps, les organisations financières
internationales ont commencé à apporter leur contribution au pays.
Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a
déclaré plus tôt dans le mois que le principal risque concernant la
perspective économique de la Zambie découlera d'une baisse du taux de
la croissance mondiale et d'un déclin des prix du cuivre plus net que
prévu. La mission a donc préconisé de poursuivre l'adhésion à des
politiques macro-économiques prudentes.
La Zambie a signé un prêt de 10 millions de dollars
avec la Banque mondiale, avec l'objectif de soutenir l'agenda de
développement général du gouvernement, a souligné le représentant
pays de la Banque mondiale, Kapil Kapoor, cité par les media
locaux.
Face au resserrement des conditions de crédit dans
le monde, la Banque mondiale a également appelé le nouveau dirigeant
zambien à maintenir les politiques de stabilité macroéconomique.
Au moment des votes, les Zambiens ont mis leur
espoir concernant l'amélioration de l'emploi, le combat contre la
pauvreté et la garantie de la sécurité alimentaire dans le prochain
président.
"Je vote pour quelqu'un qui nous aidera, car le
chômage est ma principale inquiétude. J'espère que sous le nouveau pouvoir,
tout le monde en Zambie pourra trouver quelque chose à faire", a avoué
Clive Mudenda, 26 ans, qui a voté au bureau électoral dans le sud de
la capitale Lusaka.
Une femme d'affaires qui a souhaité garder
l'anonymat a déclaré en dehors du bureau de vote qu'elle espère que le
nouveau président aidera les Zambiens à sortir de la pauvreté.
Avant les élections, Felix, un électricien agé de
54 ans, a clamé: "le premier président (de Zambie) m'a donné
l'éducation gratuite. J'espère que le quatrième réussira à résoudre le
problème alimentaire".