GENEVE, 24 octobre (Xinhua) -- Les agences
onusiennes se sont exprimées vendredi préoccupées par la situation du
choléra en Guinée-Bissau où une grave épidémie de choléra a déjà fait 201
morts sur 12 225 cas rencensés depuis le début de l'année.
La porte-parole du Bureau des Nations unies pour la
coordination des affaires humanitaires (OCHA), Elisabeth Byrs, a
indiqué lors d'une conférence de presse à Genève que la capitale du
pays, Bissau, demeure la plus touchée par le choléra avec plus de 8 000
cas jusqu'au 21 octobre, suivi par la ville de Biombo située dans l'ouest
du pays avec plus de 1 500, ainsi que les Iles Bijagos situés dans l'océan
Atlantique.
Les acteurs humanitaires sont en cours d'identifier
les domaines dans lesquels il faudra redoubler les efforts pour
endiguer cette maladie qui chaque année fait des ravages meurtriers
en Afrique de l'Ouest et un de ces efforts est le besoin de plus de
financement, a souligné la porte-parole.
Bien que plus d'un million de dollars aient été
mobilisé par le système des Nations Unies pour soutenir la réponse
humanitaire en Guinée-Bissau, l'OCHA a besoin de plus de financement,
notamment dans le domaine de l'alerte précoce, tant en Guinée Bissau
que dans les pays voisins, a indiqué Mme Byrs.
La Guinée-Bissau demeure le seul pays dans la
sous-région où la maladie n'est toujours pas en récession, contrairement à
de nombreux pays limitrophes tels que le Sénégal, Mali, Benin, Niger
où l'épidémie est sur le déclin, a rappelé Mme Byrs.
En même occasion, la porte-parole du Fonds des
Nations unies pour l'enfance (Unicef), Véronique Taveau, a indiqué que
l'épidémie du choléra s'étend actuellement dans toutes les 11
provinces de la Guinée-Bissau et qu'il était exceptionnement
difficile à la contrôler.
Malgré une tendance légère à la baisse du nombre de
nouveau cas apparue ces deux dernières semaines, l'Unicef est toujours
préoccupé par une éventuelle nouvelle hausse de cas, a souligné Mme
Taveau, expliquant qu'avec le début de la campagne électorale pour les
législatives qui auront lieu le 16 novembre, on s'inquiète d'une nouvelle
hausse de cas de choléra provoqué par de nombreux rassemblements et voyages
de gens dans l'absence des conditions d'hygiène adéquates.
Par ailleur, la porte-parole de l'Organisation
mondiale de la Santé, Fadila Chaib, a également indiqué que le bureau
régional de l'OMS suit de près le développement de l'épidémie de choléra en
Guinéé-Bissau et coopérait de concert avec d'autres agences
onusiennes pour contrôler cette épidémie.
En 2005, la Guinée-Bissau a enregistré une
de ses plus graves épidémies de choléra avec plus de 25 000 cas dont plus
de 400 morts.