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BIT : la crise financière mondiale pourrait entraîner la perte de 20 millions d'emplois
  2008-10-21 07:31:51  

     GENEVE, 20 octobre (Xinhua) -- La crise financière mondiale  pourrait faire quelque 20 millions de chômeurs supplémentaires  dans le monde, a déclaré lundi le directeur général du Bureau  international du Travail (BIT), Juan Somavia, cité par un  communiqué de presse.  

     Selon les estimations préliminaires du BIT, "le nombre des  chômeurs pourrait passer de 190 millions en 2007 à 210 millions  fin 2009", a indiqué M. Somavia, en précisant: "le nombre de  travailleurs pauvres vivant avec moins d'un dollar par jour  pourrait augmenter de 40 millions - et celui des personnes  disposant de deux dollars par jour de 100 millions". 

     La crise actuelle frapperait plus durement certains secteurs  tels que la construction, l'automobile, le tourisme, la finance,  les services et l'immobilier, a indiqué le directeur général du  BIT, avant de noter que les nouvelles projections "pourraient se  révéler sous-estimées si l'on n'affronte pas rapidement les effets du ralentissement économique actuel et la récession qui menace". 

     "Nous avons besoin d'une action rapide et coordonnée des  gouvernements pour éviter une crise sociale qui risque d'être  sévère, durable et mondiale", a déclaré M. Somavia. 

     "La crise ne sévit pas seulement à Wall Street, mais partout  dans le monde. Nous avons besoin d'un plan de sauvetage économique pour les familles laborieuses et l'économie réelle, avec des  règles et des politiques qui fournissent des emplois décents. Nous devons mieux assurer le lien entre productivité et salaires et  entre croissance et emploi", a affirmé M. Somavia. 

     "Nous devons revenir à la fonction première de la finance qui  est de promouvoir l'économie réelle. De prêter de manière à ce que les entrepreneurs puissent investir, innover, créer des emplois et produire des biens et des services", a-t-il souligné. 

     "Nous sommes très favorables aux appels actuels en faveur  d'une meilleure régulation financière et d'un système de  surveillance global de contrôles et de garde-fou, mais nous devons nous projeter au-delà du système financier", a ajouté le directeur général du BIT, qui a déploré que "Bien avant que n'éclate la  crise financière actuelle, nous étions déjà en crise, avec une  pauvreté massive à l'échelle mondiale et des inégalités sociales  croissantes, une informalité et un travail précaire en plein essor - un processus de mondialisation qui a généré de nombreux  bénéfices mais qui est aujourd'hui déséquilibré, injuste et  précaire". 

     "Nous devons rétablir l'équilibre et nous concentrer sur le  sauvetage des personnes et de la production. Il s'agit de sauver  l'économie réelle", a-t-il lancé.