PARIS, 18 octobre (Xinhua) -- Le
développement des pays émergents, dont la Chine, est une "chance" pour
l'économie mondiale sur fond de l'actuelle crise financière, a indiqué Kemal
Dervis, chef du Programme des Nations unies pour le développement
(PNUD), lors d'une interview accordée au journal français Le Monde et
publiée samedi.
Selon M. Dervis, les pays en développement vont
subir des conséquences de ce qui était à l'origine d'une crise financière
occidentale. "Ils disposeront de moins de recettes, de moins
d'investissements et de moins d'exportations. Les conséquences
seront beaucoup plus graves que celles de la défaillance du secteur
financier dans les pays riches", a-t-il déploré.
Cependant, la croissance économique des pays d'Asie
de l'Est demeurera élevée, notamment celle de la Chine qui se situera
au- dessus de 7% de rythme annuel, a estimé le chef du PNUD. "Leur
développement est en partie autonome par rapport à l'autonomie
des pays riches et c'est une chance pour l'économie mondiale, qui
évitera peut-être un effondrement grâce au dynamisme de ces pays
émergents".
"L'économie de marché pratiquée à outrance pousse à
des prises de risque inconsidérées qui finissent par perturber les
sociétés elles-mêmes", a analysé M. Dervis, soulignant qu'"il est temps
d'attaquer le mal par la racine et de mettre au point une
nouvelle régulation du système financier international, plutôt que
d'utiliser les instruments macro-économiques, monétaires ou
budgétaires, qui satisfont tout le monde à court terme, mais qui
préparent la tempête financière suivante".