PARIS, 17 octobre (Xinhua) -- Les consultations
entre l'Union européenne (UE) et la Mauritanie débuteront lundi prochain à
Paris, pour une durée maximale de 120 jours, dans le cadre d'un
mécanisme prévu par l'accord de Cotonou, a annoncé vendredi le ministère
français des Affaires étrangères.
"Les Consultations entre l'Union européenne et la
Mauritanie au titre de l'article 96 de l'accord de Cotonou débuteront par
une rencontre le 20 octobre à Paris. Ces consultations seront d'une
durée maximale de 120 jours", a affirmé le porte-parole du ministère
français des AE Eric Chevallier, lors d'un point de presse.
Depuis le coup d'Etat du 6 août dernier, l'UE "a
appelé à la libération du président Abdallahi et au rétablissement de
l'ordre constitutionnel en Mauritanie". "En l'absence de réaction en ce
sens de la junte, l'UE a notifié aux autorités issues du coup d'Etat
son intention d'ouvrir des consultations au titre de l'article 96 de
l'accord de Cotonou...qui prévoit, en cas de violation par l'une des
parties de certains éléments essentiels de l'accord (respect des droits de
l'homme, des principes démocratiques, de l'Etat de droit), une
concertation renforcée visant à remédier à la situation", a expliqué M.
Chevallier.
"Dans ce cadre, nous rappellerons nos exigences et
nous entendrons les propositions mauritaniennes. Si le dialogue ne
permet pas de trouver une solution acceptable, des mesures
appropriées pourraient être prises par l'UE", a averti le diplomate
français, dont le pays assume actuellement la présidence de l'UE.
"Il y a des précédents à l'application de l'article
96 des accords de Cotonou : en 2001 pour Haïti; en 2002 pour le
Zimbabwe; en 2003 pour la République centrafricaine à la suite du coupt
d'Etat; en 2004 pour la Guinée-Bissau et le Togo; en 2005 pour la
Guinée", a-t-il ajouté.
Le secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de
la Francophonie au ministère des AE Alain Joyandet représentera la
présidence française du Conseil de l'Union européenne, le
Commissaire européen chargé du Développement et de l'Aide
humanitaire Louis Michel représentera la Commission européene. La
délégation mauritanienne sera dirigée par Moulaye Ould Mohamed
Laghdaf. Le groupe ACP seront représentés par le président du Comité
des Ambassadeurs, certains pays d'ACP et leur Secrétariat. L'Union
africaine sera également présente en qualité d'observateur, selon M.
Chevallier.
M. Joyandet a évoqué vendredi matin à la radio
française RFI une "solution de compromis", en arguant que même les
partisans des droits de l'homme en Mauritanie ne réclament plus un
rétablissement de la situation antérieure. Répondant à une question
de journaliste à ce sujet, M. Chevallier a indiqué qu'"il faut sortir de
cette situation de crise préjudiciable au peuple mauritanien".
"Cela passe impérativement par la libération
du président mauritanien démocratiquement élu et par le rétablissement
de l'ordre constitutionnel. Il faut sortir de la crise mais pas
au mépris des institutions. Les modalités de ce
rétablissement constitutionnel doivent faire l'objet d'une réflexion",
a-t-il ajouté.