YAOUNDE, 15 octobre (Xinhua) -- Des femmes rurales
camerounaises ont appelé ce mercredi au cours d'une rencontre à
la Chambre d'Agriculture de Yaoundé les autorités à trouver des
réponses rapides aux difficultés d'enclavement, de désertification et
de déforestation qui compliquent leur existence.
Venues des 10 provinces du Cameroun, des femmes
rurales ont avoué qu'elle n'arrivent plus à manger les fruits de leur durs
labeurs à cause des terres de plus en plus arides ainsi que du
changement climatique.
"Nous avons eu trop de difficultés cette année pour
pouvoir semer à cause de la sécheresse de façon que nos maniocs,
plantains et maïs poussent à peine. Si le gouvernement peut nous aider à
trouver des solutions pour semer même pendant les périodes où il n'y
a pas de pluie, ce serait une très bonne chose", a dit Mme Ngono Marthe,
du Groupe d'intérêts communs (GIC) "la Main dans la main" de la province
du Centre.
"Cette année, nous risquons ne pas avoir de bonne
recoltes. Si au moins nous avions des motopompes cela pourra nous aider",
a-t- elle souligné.
"Nous sommes venues ici à Yaoundé pour présenter nos
difficultés, afin que le gouvernement y trouve des solutions à
cela", a dit Mme Bakaba Marie Noëlle, femme rurale de la
fondation Ndjeng et Karitas.
Mme Félicitas Atanga, assistante du représentant de
l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et
l'agriculture (FAO) au Cameroun a promis que son organisation
sera toujours aux côtés de la femme rurale.
"Nous savons que dans la plupart des pays en voie de
développement, l'essentiel de la production agricole repose sur
la femme rurale, c'est la raison pour laquelle nous avons apporté
notre soutien aux organisations paysannes du Cameroun. A travers ces
organisations, les femmes peuvent adresser leurs doléances aux décideurs",
a-t-elle dit.
Pendant la journée dont le thème est "les femmes
rurales face au défi du changement climatiques", les femmes venues à
Yaoundé grâce au COSADER (Collectifs des ONG pour la sécurité alimentaire
et le développement rural) ont exposé leur savoir-faire.
On a pu voir exposés le sirop au café, le vin de
raphia transformé en vinaigre, la farine de manioc et de maïs, le
champignon séché, l'amidon, des babouches en fibres de raphia,
des balais en raphia, des portes monnaies, des sacs et chapeaux
faites à partir des plastiques jetés et du raphia, le beurre, chocolat
et l'huile du cacao etc.
La rencontre sert également de cadre pour
d'autres femmes d'apprendre comment se dérouler la transformation du cacao
en beurre, en huile et en chocolat.