OUAGADOUGOU, 15 octobre (Xinhua) -- La conférence
des Premières Dames de la sous-région sur la lutte contre la pratique
transfrontalière de l'excision tenue mercredi à Ouagadougou, a pris
l'engagement d'éliminer les mutilations génitales féminines ( MGF) dans la
région ouest-africaine d'ici à 2015.
Cet engagement a été pris par les Premières Dames,
les autorités politiques, religieuses, coutumières, organisations de
la société civile, partenaires techniques et financiers à cette
rencontre sur la pratique transfrontalière de l'excision.
Co-présidée par les épouses des chefs d'Etat du
Niger, Laraba Tandja et du Burkina Faso, Chantal Compaoré, la conférence a
regroupé des représentants des épouses des chefs d'Etat du Bénin, de
la Côte d'Ivoire, du Ghana et du Mali.
Selon les statistiques de l'Organisation mondiale de
la Santé ( OMS), 130 millions de femmes ont subi des MGF à travers le monde
entier et dans la région ouest-africaine, le taux de prévalence
reste élevé (autour de 42%), malgré les actions menées par les Etats
pour lutter contre le fléau.
Les ministres en charge des questions relatives aux
MGF qui ont pris part à la rencontre ont reconnu qu'il faut une synergie
d'actions dans la lutte contre l'excision.
Une Déclaration dite de Ouagadougou a sanctionné les
travaux, et la recommandation principale qui s'y dégage est qu'il faut
désormais fédérer les actions contre le fléau dans la région
ouest- africaine.
Pour ce faire, les participants ont produit et
adopté un plan d'actions sous-régional sur la pratique transfrontalière
des mutilations génitales féminines.
"La motivation principale de la pratique de
l'excision est de contourner les dispositions juridiques", a reconnu la
ministre burkinabé de l'Action sociale et de la Solidarité nationale,
Pascaline Tamini.
La secrétaire permanente du Comité national de lutte
contre la pratique de l'excision au Burkina, Marie Rose Sawadogo est
optimiste quant à l'élimination du phénomène.
"Cela prendra du temps, mais nous sommes certains
que lorsque les populations auront été conscientes, qu'elles auront
compris et surtout qu'elles se seront rendues compte qu'il y a beaucoup
plus de problèmes de santé à la faire, cela amènera les populations à
réagir, à réfléchir pour trouver des stratégies de substitution pour
arriver à éliminer cette pratique", a-t-elle fait remarquer.
La représentante de la Première Dame de Côte
d'Ivoire, Clotilde Ohochi précise que l'épouse du président Gbagbo s'engage
à poursuivre la lutte contre l'excision dans son pays aux côtés du
ministre en charge des Affaires sociales.
"La Première Dame de Côte d'Ivoire s'engage
résolument aux côtés de ses soeurs d'Afrique pour mener ce combat contre
l'excision, une pratique avilissante ne devant pas exister au 21e
siècle", a-t-elle laissé entendre.
Pour Mme Tandja, la lutte contre l'excision doit
être un combat de tous les jours et elle s'est engagée à déployer toute son
énergie pour son éradication.
Appréciant le plan d'actions adopté, Mme Chantal
Compaoré a invité les épouses des autres chefs d'Etat à accompagner les
ministres en charge de la question dans ce sens et à approfondir un
peu plus les stratégies de lutte en impliquant la CEDEAO.