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Les Premières Dames ouest-africaines s'engagent dans la lutte contre l'excision
  2008-10-16 09:12:23  

     OUAGADOUGOU, 15 octobre (Xinhua) -- La conférence des Premières Dames de la sous-région sur la lutte contre la pratique  transfrontalière de l'excision tenue mercredi à Ouagadougou, a  pris l'engagement d'éliminer les mutilations génitales féminines ( MGF) dans la région ouest-africaine d'ici à 2015.  

     Cet engagement a été pris par les Premières Dames, les  autorités politiques, religieuses, coutumières, organisations de  la société civile, partenaires techniques et financiers à cette  rencontre sur la pratique transfrontalière de l'excision. 

     Co-présidée par les épouses des chefs d'Etat du Niger, Laraba  Tandja et du Burkina Faso, Chantal Compaoré, la conférence a  regroupé des représentants des épouses des chefs d'Etat du Bénin,  de la Côte d'Ivoire, du Ghana et du Mali.  

     Selon les statistiques de l'Organisation mondiale de la Santé ( OMS), 130 millions de femmes ont subi des MGF à travers le monde  entier et dans la région ouest-africaine, le taux de prévalence  reste élevé (autour de 42%), malgré les actions menées par les  Etats pour lutter contre le fléau.  

     Les ministres en charge des questions relatives aux MGF qui ont pris part à la rencontre ont reconnu qu'il faut une synergie  d'actions dans la lutte contre l'excision.  

     Une Déclaration dite de Ouagadougou a sanctionné les travaux,  et la recommandation principale qui s'y dégage est qu'il faut  désormais fédérer les actions contre le fléau dans la région ouest- africaine. 

     Pour ce faire, les participants ont produit et adopté un plan  d'actions sous-régional sur la pratique transfrontalière des  mutilations génitales féminines.  

     "La motivation principale de la pratique de l'excision est de  contourner les dispositions juridiques", a reconnu la ministre  burkinabé de l'Action sociale et de la Solidarité nationale,  Pascaline Tamini. 

     La secrétaire permanente du Comité national de lutte contre la  pratique de l'excision au Burkina, Marie Rose Sawadogo est  optimiste quant à l'élimination du phénomène.  

     "Cela prendra du temps, mais nous sommes certains que lorsque  les populations auront été conscientes, qu'elles auront compris et surtout qu'elles se seront rendues compte qu'il y a beaucoup plus  de problèmes de santé à la faire, cela amènera les populations à  réagir, à réfléchir pour trouver des stratégies de substitution  pour arriver à éliminer cette pratique", a-t-elle fait remarquer.  

     La représentante de la Première Dame de Côte d'Ivoire, Clotilde Ohochi précise que l'épouse du président Gbagbo s'engage à  poursuivre la lutte contre l'excision dans son pays aux côtés du  ministre en charge des Affaires sociales.  

     "La Première Dame de Côte d'Ivoire s'engage résolument aux  côtés de ses soeurs d'Afrique pour mener ce combat contre  l'excision, une pratique avilissante ne devant pas exister au 21e  siècle", a-t-elle laissé entendre.  

     Pour Mme Tandja, la lutte contre l'excision doit être un combat de tous les jours et elle s'est engagée à déployer toute son  énergie pour son éradication.  

     Appréciant le plan d'actions adopté, Mme Chantal Compaoré a  invité les épouses des autres chefs d'Etat à accompagner les  ministres en charge de la question dans ce sens et à approfondir  un peu plus les stratégies de lutte en impliquant la CEDEAO.