GENEVE, 14 octobre (Xinhua) -- L'Organisation
mondiale de la santé (OMS) a publié mardi son Rapport sur la santé dans le
monde 2008, exhortant les pays à promouvoir un retour aux soins de
santé primaires.
Dans ce rapport intitulé "Les soins de santé
primaires - maintenant plus que jamais", l'OMS relevé que les inégalités
en matière de ré sultats sanitaires et d'accès aux soins sont bien
plus grandes aujourd'hui qu'elles ne l'étaient en 1978 où était
tenue la Conférence internationale sur les soins de santé primaires
à Alma-Ata (Kazakhstan).
"Il arrive bien trop souvent que ce soient les gens
riches et en meilleure santé qui aient le meilleur accès aux meilleurs
soins, alors que les pauvres sont livrés à eux-mêmes", a souligné l 'OMS
dans un communiqué publié à l'occasion du lancement du rapport.
L'OMS a indiqué que les données "mettent en évidence
une situation dans laquelle de nombreux systèmes de santé ont cessé
de mettre l'accent sur un accès équitable aux soins, ont perdu leur
capacité d'investir des ressources de manière avisée et leur
aptitude à répondre aux besoins et aux attentes des populations, en
particulier des groupes défavorisés et marginalisés".
Selon l'OMS, les inégalités en matière d' accès aux
soins et de résultats sanitaires sont généralement plus marquées lorsque
la santé est traitée comme une marchandise et les soins sont animés
par la recherche du profit. Les ré sultats sont prévisibles:
investigations et proc édures superflues, hospitalisations plus fré
quentes et plus longues, co?ts globaux plus élev és et exclusion des
personnes incapables de payer.
Avec l'augmentation des co?ts de la santé et la
désorganisation des systèmes de protection financière, les dépenses
personnelles de santé poussent désormais chaque année 100 millions de
personnes sous le seuil de pauvreté, dit l'OMS.Sur le plan mondial, les
dépenses publiques de santé varient entre 20 dollars par personne et par
an et plus de 6000 dollars. Pour 5.6 milliards d'habitants de pays à
revenu faible et intermé diaire, plus de la moitié des dépenses de santé se
fait par paiement direct.
A Nairobi, indique le communiqué, le taux de
mortalité des moins de cinq ans est inférieur à 15 pour mille dans les
quartiers à revenu élevé.Dans une zone de taudis de la même ville, ce taux
atteint 254 pour mille.
L'OMS estime qu'un meilleur recours aux mesures
préventives existantes permettrait de réduire la charge mondiale de
morbidité de près de 70%.
"Pour améliorer les performances des systèmes de
santé, le rapport préconise un retour aux soins de santé primaires,
approche globale des soins de santé lancée officiellement il y a trente
ans. La comparaison entre des pays ayant le même niveau de
développement montre que ceux dont les soins de santé sont organisés
selon les principes des soins de santé primaires assurent un niveau
sanitaire plus élevé pour le même investissement", relève le communiqué de
l'OMS.
L'organisation a souligné que
"de tels enseignement revêtent une importance particuliè re en période de
crise financière mondiale".