DAKAR, 11 octobre (Xinhua)
-- Le système monétaire international doit être réformé pour qu'il prenne
en compte les intérêts du continent africain qui en est exclu, a
préconisé, samedi à Dakar, le président du Sénégal, Abdoulaye Wade.
"Nous sommes en marge du système monétaire
international. Il faut commencer par réformer le système monétaire
international. Ce système est tellement mauvais qu'il a amené la faillite
dans le reste monde", a déclaré M. Wade.
Le chef de l'Etat animait, au palais de la
République, un débat sur la crise financière mondiale qui secoue le monde
depuis plusieurs semaines. Plusieurs universitaires, des économistes et
des membres du gouvernement ont pris part à cette rencontre.
"Le système politique mondial, c'est le Conseil de
sécurité des Nations unies où nous sommes (minoritaires) nous les
Africains. Il y a tout un problème de réforme du Conseil de sécurité et de
la justice internationale", a indiqué M. Wade.
Selon lui, le monde est secoué par une crise qui
dépasse le domaine financier. Il a de ce point de vue invité l'Afrique à
contribuer à "la réforme de la gouvernance mondiale".
"Il y a une crise mondiale dans tous les
domaines...la crise financière n'a été que la goutte d'eau d'une crise
multiforme", a- t-il ajouté. "Cette crise, a-t-il relevé, pose le problème
de la gouvernance mondiale."
"La réforme ou les réformes se feront. Pour qu'elles
se fassent en tenant compte des intérêts de l'Afrique, il faut que la voix
de l'Afrique soit entendue. Il faut que l'Afrique participe à la
réforme de la gouvernance mondiale, à tous les niveaux."
"Sinon, on réformera le monde sans nous", a-t-il
prévenu, ajoutant : "ne laissons pas le monde se réformer sans nous. Il
faut qu'on entende la voix de l'Afrique. Mais le problème, c'est
comment (le faire). C'est ça la question."
"Le débat sur la réforme de la gouvernance mondiale
bat son plein. Le souhait, c'est qu'on commence quelque chose et qu'il y
ait un début de réponse africaine qui ne soit pas limitée au système
monétaire international", a suggéré le ministre sénégalais des Affaires
étrangères, Cheikh Tidiane Gadio.
"On nous dit que si la crise se poursuit ça va avoir
des incidences en Afrique. Il y aura une incidence sur l'aide à
l'Afrique, pas sur l'Afrique elle-même. L'incidence sera mineure par
rapport aux autres dans la mesure où, ici, nos paysans, nos populations
ont à manger pendant un an ou deux... C'est ça l'essentiel", a-t-il
ajouté.