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Le président Wade appelle à une réforme du système monétaire international
  2008-10-12 08:06:30  

     DAKAR, 11 octobre (Xinhua) -- Le système monétaire  international doit être réformé pour qu'il prenne en compte les  intérêts du continent africain qui en est exclu, a préconisé,  samedi à Dakar, le président du Sénégal, Abdoulaye Wade. 

     "Nous sommes en marge du système monétaire international. Il  faut commencer par réformer le système monétaire international. Ce système est tellement mauvais qu'il a amené la faillite dans le  reste monde", a déclaré M. Wade. 

     Le chef de l'Etat animait, au palais de la République, un débat sur la crise financière mondiale qui secoue le monde depuis  plusieurs semaines. Plusieurs universitaires, des économistes et  des membres du gouvernement ont pris part à cette rencontre. 

     "Le système politique mondial, c'est le Conseil de sécurité des Nations unies où nous sommes (minoritaires) nous les Africains. Il y a tout un problème de réforme du Conseil de sécurité et de la  justice internationale", a indiqué M. Wade. 

     Selon lui, le monde est secoué par une crise qui dépasse le  domaine financier. Il a de ce point de vue invité l'Afrique à  contribuer à "la réforme de la gouvernance mondiale". 

     "Il y a une crise mondiale dans tous les domaines...la crise  financière n'a été que la goutte d'eau d'une crise multiforme", a- t-il ajouté. "Cette crise, a-t-il relevé, pose le problème de la  gouvernance mondiale." 

     "La réforme ou les réformes se feront. Pour qu'elles se fassent en tenant compte des intérêts de l'Afrique, il faut que la voix de l'Afrique soit entendue. Il faut que l'Afrique participe à la  réforme de la gouvernance mondiale, à tous les niveaux." 

     "Sinon, on réformera le monde sans nous", a-t-il prévenu,  ajoutant : "ne laissons pas le monde se réformer sans nous. Il  faut qu'on entende la voix de l'Afrique. Mais le problème, c'est  comment (le faire). C'est ça la question." 

     "Le débat sur la réforme de la gouvernance mondiale bat son  plein. Le souhait, c'est qu'on commence quelque chose et qu'il y  ait un début de réponse africaine qui ne soit pas limitée au  système monétaire international", a suggéré le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio. 

     "On nous dit que si la crise se poursuit ça va avoir des  incidences en Afrique. Il y aura une incidence sur l'aide à  l'Afrique, pas sur l'Afrique elle-même. L'incidence sera mineure  par rapport aux autres dans la mesure où, ici, nos paysans, nos  populations ont à manger pendant un an ou deux... C'est ça  l'essentiel", a-t-il ajouté.