NAIROBI, 10 octobre (Xinhua) -- La réunion
internationale des experts en banane a prévenu vendredi au Kenya que les
producteurs africains doivent se mobiliser rapidement afin de tirer profit
de nombreuses opportunités locales et régionales pour étendre la
production et stimuler les revenues.
Les experts réunis dans la ville côtière kenyane de
Mombassa ont averti dans une déclaration que l'accès réduit aux marchés
européens menace de coûter des millions de dollars aux fermiers
africains dans leurs exportations.
"L'actuelle politique commerciale (européenne) est
clairement en faveur des pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), mais ceci
pourrait changer. Donc, l'Afrique doit se préparer elle-même à
rester compétitive," a indiqué Thomas Dubois, chercheur à l'Institut
international de l'Agriculture tropicale (IITA) basé en Afrique.
Depuis des décennies, le potentiel de revenu de
plusieurs gros producteurs de banane africains a été attaché aux
exportations à l'Union européenne (UE), où des fermiers africains, en
compagnie de leur collègues des Caraïbes et du Pacifique, ont beneficié
d'un accès sans tarif.
Toutefois, une incessante poussée de la part des
gros producteurs de l'Amérique latine vers "le nivellement du terrain
de jeu" - une veritable bataille souvent appelée "guerres de
bannane" - porte finalement des fruits.
Des négociations pourraient être reprises cet
automne entre l'UE et l'Equateur, le plus gros exportateur de banane de
l'Amérique latine.
Si, comme prévu, un accord est obtenu, le concensus
réside dans ce que les fermiers africains dans les pays comme le Cameroun,
la Côte d'Ivoire ou le Ghana pourraient perdre rapidement une grosse
partie de leur marché d'une valeur de quatre millions de dollars
américain.
Le pathologiste des plantes de l'IITA, Dr Fen Beed a
indiqué qu'au lieu de se concentrer sur les éventuelles pertes en Europe,
les petits producteurs de banane en Afrique - qui contribuent à
un tiers de la production mondiale de banane et de plantain -
devraient compter sur le potentiel inexploité de la demande locale et
régionale de banane ainsi que de ses produits dérivés.
"Au lieu de dépendre uniquement des exportations
vers l'Europe, les pays africains ont une opportunité d'adopter des
politiques plus libéralisées qui pourraient accroître le commerce
transfrontalier entre des pays producteurs et consommateurs de
banane," a-t-il confié aux participants de la réunion, dont
fermiers, responsables gouvernementaux, experts commerciaux,
chercheurs en banane et représentants industriels.
"L'avenir de la banane en Afrique doit aller vers le
renforcement des marchés locaux et régionaux et les liaisons des
marchés qui peuvent nourrir la croissante population urbaine en
profitant en même temps de l'augmentation de la valeur
supplémentaire via le traitement des produits tels que les chips de
banane, la bière, les amuse-gueules, la farine, les fibres, ainsi que
d'autres produits de consommation," a déclaré Sidi Sanyang du Forum pour
la recherche agricole en Afrique (FARA).
L' Afrique sub-saharienne produit 30 millions
de tonnes de banane qui fournissent de la nourriture à environ 100
millions de personnes et représentent 35% de la production mondiale de
banane et de plantain.