Par Raphaël MVOGO
YAOUNDE, 7 octobre (Xinhua) -- Le 27 septembre, le
président camerounais Paul Biya a reçu à New York, en marge des travaux de
la 63ème session ordinaire de l'Assemblée générale des Nations
Unies, le président directeur général du groupe Hydromines, Peter L.
Briger, de nationalité américaine.
Hydromines est un consortium ayant bénéficié d'un
permis d'exploitation d'importants gisements de bauxite situés dans les
localités de Minim-Martap et Ngaoundal, dans la province de
l'Adamaoua.
De l'avis de Paul Ntep Gweth, directeur du Cadre
d'appui et de promotion de l'artisanat minier (CAPAM), opérateur technique
du ministère camerounais de l'Industrie, des Mines et du
Développement technologique, ces ressources représenteraient la
cinquième ou la sixième réserve du monde.
Elles font l'objet d'un projet de mise en valeur de
grande envergure, qui mobilise un investissement estimé à 6 milliards de
dollars, majoritairement à capitaux américains. Celui-ci
s'intègre notamment dans le vaste programme du gouvernement concernant la
valorisation des richesses minérales.
Des études géologiques menées ces dernières années
révèlent que le Cameroun dispose d'incroyable un potentiel minier,
longtemps resté peu connu, voire ignoré.
"Il y a trois ans, le gouvernement avait délivré à
peine deux permis d'exploitation. La dynamique en cours fait
qu'aujourd'hui nous sommes à environ 70 permis, pour une perspective
industrielle. Nous sommes maintenant dans le cadre de la mise en oeuvre
d'une politique d'une politique d'industrialisation du pays à base du
développement minier", souligne Ntep Gweth.
"Aujourd'hui, les hydrocarbures sont la première
source d'énergie dans le monde. Mais, c'est une énergie polluante. D'ici
10 à 15 ans, le pétrole ne sera plus la première ressource. On va
chercher des ressources alternatives", poursuit-il.
Il précise que sur ce plan, le cobalt, avec la
production des batteries, est un enjeu stratégique mondial. Le Cameroun, à
ce titre, en est doté de "l'un des grands gisements au monde".
Ce gisement se découvre à Lomié, dans la province de
l'Est. Associé au nickel, il est exploité par un autre groupe américain,
Geovic, qui y consacre un investissement chiffré à 50 milliards
de francs CFA, selon Ntep Gweth.
A Mbalam, toujours dans la province de l'Est, se
trouve un gisement de fer, d'une valeur estimée à 2.000 milliards de
tonnes de réserves de minerai riche et moins riche. De la part d'une
société à capitaux majoritairement australiens, Cam Iron, il fait
intervenir un investissement de l'ordre de 3,5 milliards de
dollars.
La mise en exploitation de ce prévoit une production
de 35 millions de tonnes de fer par an d'ici à 2011 ou 2012.
Pour sa part, la société sud-coréenne C&K a mis
en évidence un gisement de diamant à Mobilong, également dans la province
de l'Est, dont la valeur estimée de 740 millions de carats.
"Jusque-là, on ne connaissait pas le Cameroun comme
un pays de diamant. 740 millions de carats, ça représente cinq fois la
production mondiale. Donc, c'est un gisement d'importance
mondiale, si les certifications confirment les estimations. C'est un projet
qui comprend des investissements situés autour de 1 milliard de
dollar par an", note le directeur du CAPAM.
"Il y a aussi Sicamines, une société anglaise, qui
est en train de trouver un très bon gisement de cassitérite, c'est-à-dire
de l'éther, à Mayo Darlé (dans la province de l'Extrême-Nord),
associée au coltan ou le colombo-tantalite", précise-t-il.
Cette société, apprend-on, travaille en même temps
sur des gisements de syénite-néphélinique à Kribi, au sud.
"Ce pourrait être l'une des premières réserves
mondiales de ce matériau qu'on utilise dans la construction des
sarcophages, qui sont des espèces de caves servant à gérer les déchets
radioactifs", informe Ntep Gweth.
Sicamines est par ailleurs présent dans
l'exploitation du rutile dans le Nyong, dans la province du Centre, non
loin de la capitale camerounaise. Formant ce que les spécialistes
appellent le groupe de Yaoundé, ce minerai passe pour la deuxième réserve
mondiale, annonce Ntep Gweth.
Autre compagnie sud-coréenne, Kokam Mining Inc est
dans le saphir à Tignère, dans l'Adamaoua. A capitaux en partie
sud- africaine, Africa Ora s'est implantée Batouri, dans l'Est, où
elle exploite l'or. Partagée entre des Sud-africains et des Canadiens,
Nu Energy a pour sa part pris pied dans l'uranium de Poli, dans
le Nord, et de Lolodorf, près de Kribi.
"Il y a à peu près huit grands projets en
cours. D'autres partenaires sont à la recherche de financements. Ils
vont permettre que d'autres majors viennent au Cameroun. Par
exemple, BHP, qui est le numéro un mondial, est en train de
vouloir s'installer", annonce Ntep Gweth.