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Le Cameroun multiplie les efforts pour faire connaître ses richesses minières (PAPIER D'ANGLE)
  2008-10-08 09:17:04  

     Par Raphaël MVOGO  

     YAOUNDE, 7 octobre (Xinhua) -- Le 27 septembre, le président  camerounais Paul Biya a reçu à New York, en marge des travaux de  la 63ème session ordinaire de l'Assemblée générale des Nations  Unies, le président directeur général du groupe Hydromines, Peter  L. Briger, de nationalité américaine.  

     Hydromines est un consortium ayant bénéficié d'un permis  d'exploitation d'importants gisements de bauxite situés dans les  localités de Minim-Martap et Ngaoundal, dans la province de  l'Adamaoua.  

     De l'avis de Paul Ntep Gweth, directeur du Cadre d'appui et de  promotion de l'artisanat minier (CAPAM), opérateur technique du  ministère camerounais de l'Industrie, des Mines et du  Développement technologique, ces ressources représenteraient la  cinquième ou la sixième réserve du monde.  

     Elles font l'objet d'un projet de mise en valeur de grande  envergure, qui mobilise un investissement estimé à 6 milliards de  dollars, majoritairement à capitaux américains. Celui-ci s'intègre notamment dans le vaste programme du gouvernement concernant la  valorisation des richesses minérales.  

     Des études géologiques menées ces dernières années révèlent que le Cameroun dispose d'incroyable un potentiel minier, longtemps  resté peu connu, voire ignoré.  

     "Il y a trois ans, le gouvernement avait délivré à peine deux  permis d'exploitation. La dynamique en cours fait qu'aujourd'hui  nous sommes à environ 70 permis, pour une perspective industrielle. Nous sommes maintenant dans le cadre de la mise en oeuvre d'une  politique d'une politique d'industrialisation du pays à base du  développement minier", souligne Ntep Gweth. 

     "Aujourd'hui, les hydrocarbures sont la première source  d'énergie dans le monde. Mais, c'est une énergie polluante. D'ici  10 à 15 ans, le pétrole ne sera plus la première ressource. On va  chercher des ressources alternatives", poursuit-il. 

     Il précise que sur ce plan, le cobalt, avec la production des  batteries, est un enjeu stratégique mondial. Le Cameroun, à ce  titre, en est doté de "l'un des grands gisements au monde".  

     Ce gisement se découvre à Lomié, dans la province de l'Est.  Associé au nickel, il est exploité par un autre groupe américain,  Geovic, qui y consacre un investissement chiffré à 50 milliards de francs CFA, selon Ntep Gweth.  

     A Mbalam, toujours dans la province de l'Est, se trouve un  gisement de fer, d'une valeur estimée à 2.000 milliards de tonnes  de réserves de minerai riche et moins riche. De la part d'une  société à capitaux majoritairement australiens, Cam Iron, il fait  intervenir un investissement de l'ordre de 3,5 milliards de  dollars. 

     La mise en exploitation de ce prévoit une production de 35  millions de tonnes de fer par an d'ici à 2011 ou 2012.  

     Pour sa part, la société sud-coréenne C&K a mis en évidence un  gisement de diamant à Mobilong, également dans la province de  l'Est, dont la valeur estimée de 740 millions de carats.  

     "Jusque-là, on ne connaissait pas le Cameroun comme un pays de  diamant. 740 millions de carats, ça représente cinq fois la  production mondiale. Donc, c'est un gisement d'importance mondiale, si les certifications confirment les estimations. C'est un projet  qui comprend des investissements situés autour de 1 milliard de  dollar par an", note le directeur du CAPAM. 

     "Il y a aussi Sicamines, une société anglaise, qui est en train de trouver un très bon gisement de cassitérite, c'est-à-dire de  l'éther, à Mayo Darlé (dans la province de l'Extrême-Nord),  associée au coltan ou le colombo-tantalite", précise-t-il. 

     Cette société, apprend-on, travaille en même temps sur des  gisements de syénite-néphélinique à Kribi, au sud.  

     "Ce pourrait être l'une des premières réserves mondiales de ce  matériau qu'on utilise dans la construction des sarcophages, qui  sont des espèces de caves servant à gérer les déchets radioactifs", informe Ntep Gweth. 

     Sicamines est par ailleurs présent dans l'exploitation du  rutile dans le Nyong, dans la province du Centre, non loin de la  capitale camerounaise. Formant ce que les spécialistes appellent  le groupe de Yaoundé, ce minerai passe pour la deuxième réserve  mondiale, annonce Ntep Gweth. 

     Autre compagnie sud-coréenne, Kokam Mining Inc est dans le  saphir à Tignère, dans l'Adamaoua. A capitaux en partie sud- africaine, Africa Ora s'est implantée Batouri, dans l'Est, où elle exploite l'or. Partagée entre des Sud-africains et des Canadiens,  Nu Energy a pour sa part pris pied dans l'uranium de Poli, dans le Nord, et de Lolodorf, près de Kribi. 

     "Il y a à peu près huit grands projets en cours. D'autres  partenaires sont à la recherche de financements. Ils vont  permettre que d'autres majors viennent au Cameroun. Par exemple,  BHP, qui est le numéro un mondial, est en train de vouloir  s'installer", annonce Ntep Gweth.