GENEVE, 6 octobre (Xinhua) -- Le ministère public de
la Confédération suisse (MPC) a annoncé lundi avoir dressé l'acte
d'accusation, à l'intention du Tribunal pénal fédéral à
Bellinzone, concernant dix membres présumés impliquées dans la mafia
italo-suisse de cigarettes.
Ces dix personnes, dont cinq Suisses et cinq
ressortissants étrangers résidant en Suisse (trois Italiens, un Espagnol
et un Français), auraient jeté les bases du marché noir de cigarettes
en Italie dans les années 1990, selon le dossier.
Des fonds d'origine illégale des organisations
criminelles que sont la Camorra et la Sacra Corona Unita étaient injectés,
dans le système bancaire suisse, par l'intermédiaire de bureaux de change
tessinois.
Une fois dans le système bancaire formel, ces fonds
étaient utilisés pour acquérir, sur le marché parallèle mondial (marché
gris), des cigarettes hors taxe qui seraient transportées au
Monténégro, puis vers Naples et les Pouilles où elle était vendue, à
profit, au marché noir.
Selon le MPC, du début des années 90 à l'année 2001,
le flux de capitaux générés par le trafic de cigarettes effectué, via le
Monténégro, par les organisations criminelles est presque
entièrement passé par la place financière suisse.
Pendant cette période, des fonds dépassant de
loin le milliard de dollars américains ont été essentiellement blanchis en
les investissant dans le marché noir des cigarettes contrôlé, en
Italie, par les organisations criminelles.