OUAGADOUGOU, 6 octobre (Xinhua) -- Le Comité
inter-africain sur les mutilations génitales féminines (CIAMGF) tient les 6
et 7 octobre à Ouagadougou, une rencontre sous régionale en vue
d'élaborer un plan d'action technique pour éliminer les pratiques
traditionnelles néfastes.
Co-organisée par le CIAMGF et l'Union économique et
monétaire ouest-africaine (UEMOA), cette rencontre présidée par la
Première dame burkinabé, permettra d'examiner l'agenda commun et de
dégager de nouvelles stratégies pour venir à bout des mutilations
génitales féminines.
L'agenda commun du CIAMGF est issu de la conférence
internationale tolérance zéro tenue à Addis Abeba (Ethiopie) en 2003
en vue de donner des armes à l'Afrique pour contrer ce fléau.
Le directeur des opérations du CIAMGF, le Dr Maurice
Sanda Kouyaté a expliqué qu'en 2003, le comité a défini un programme
commun dénommé "agenda commun" qui est très vaste et qui couvre
toute l'Afrique.
"Il appartient aux ensembles sous régionaux et aux
pays individuellement pris d'adapter ce programme à leur contexte
sociologique, politique et économique", a indiqué M. Kouyaté,
précisant que les huit pays de l'UEMOA vont reprendre l'agenda
commun, pour le domestiquer, l'approprier à cet espace.
L'agenda qui est en examen au cours de cette
rencontre s'articule autour du plaidoyer, de la sensibilisation, de la loi
de reconversion des exciseuses et de la prise en charge des
victimes.
Le représentant du président de la Commission de
l'UEMOA, Ibrahim Tamponé a déploré qu'en dépit des efforts déployés par
les Etats pour mettre fin aux mutilations génitales féminines, fort
est de reconnaître la persistance de ces violences à l'égard des
femmes.
L'épouse du chef de l'Etat burkinabé, Chantal
Compaoré, également ambassadrice de bonne volonté du CIAMGF a indiqué que
la rencontre de Ouagadougou va permettre de trouver de nouvelles
approches afin d'accélérer les efforts visant à mettre fin à
cette pratique dans l'espace UEMOA.
Soulignant que les mutilations génitales féminines
constituent un véritable problème de santé publique et une violation des
droits des femmes et des filles, Mme Compaoré a regretté que
cette pratique demeure très répandue avec plus de 130 millions de
femmes touchées dans le monde entier.
L'épouse du président Blaise Compaoré a annoncé que
prochainement, il sera organisé une réunion transfrontalière avec
des Premières dames de la sous région regroupant des pays tels que le
Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Mali, le Niger, le
Togo.
Mme Compaoré a expliqué qu'au cours de cette
réunion avec les Premières dames, il sera adoptée une stratégie pour mettre
fin aux migrations des exciseuses et d'exciseurs à travers les pays de
la sous région.