NEW YORK (Nations Unies), 6 (Xinhua) -- Trois
décennies après sa réforme d'ouverture, la Chine est devenue un autre
moteur de l'économie du monde en plus des Etats-Unis, a indiqué le
secrétaire général adjoint de l'ONU, Sha Zukang.
La Chine a traversé 30 ans de développement continu
et rapide, son agrégat économique s'étant multiplié 15 fois et son
commerce extérieur de plus de 100 fois, a fait savoir M. Sha dans un
entretien accordé à l'agence Xinhua au siège de l'ONU à New York.
Calculé sur le produit intérieur brut (PIB),
l'agrégat économique chinois se classe maintenant au troisième rang dans
le monde.
La Chine pourra devenir le premier exportateur et la
première usine de fabrication en 2009, a souligné le secrétaire général
adjoint de l'ONU, chargé des affaires socio-économiques.
"Les contributions qu'a apportées la Chine à la
croissance économique planétaire ces dernières années sont comparables à
celles des Etats-Unis... Elle est devenue un autre moteur pour la
croissance économique du monde", a-t-il déclaré.
Sur le front de la lutte contre la pauvreté, la
Chine a réussi à faire sortir environ 500 millions de Chinois de la
pauvreté sordide, réalisant l'objectif de réduire de moitié la population
pauvre comme le prévoient les Objectifs du développement du
millénaire de l'ONU, bien avant la date butoir de 2015.
La Chine, le pays le plus peuplé du monde, s'est
transformée en un géant économique mondial, avec une influence accrue sur
l'économie planétaire, a affirmé M. Sha.
Malgré ces progrès, le revenu par habitant en Chine
reste toutefois au-dessous de la moyenne mondiale, et il est très
éloigné par rapport au niveau des pays développés.
En tant qu'économie à revenus bas et moyens, la
Chine affronte de multiples défis à relever, dont l'écart entre les riches
et les pauvres et la protection de l'environnement face aux intérêts
économiques.
Tous ces problèmes, qui surgissent dans le processus
du développement, doivent être réglés via l'approfondissement de la
réforme et de l'ouverture, a-t-il fait remarquer.
Le gouvernement chinois a présenté ces dernières
années des conceptions de gouvernance "humaniste" et de société
harmonieuse, et mis plus d'accent sur la qualité du développement et non
sur la croissance du PIB seul, a expliqué M. Sha.
Ces principes d'orientation ont, selon lui, jeté la
base politique pour le règlement de nouveaux problèmes dans le
processus du développement, permettant ainsi d'assurer la croissance
durable de l'économie chinoise.
M. Sha a attribué le succès de la Chine à ses
priorités sur le développement, ses efforts pour associer le choix du
chemin du développement avec la situation spécifique du pays, ainsi que
ses réformes et ouvertures par étape.
En ce qui concerne les rapports entre la réforme
chinoise et le développement de l'ONU, M. Sha a indiqué que le
développement constitue l'un des trois pilliers de la mission de l'ONU, et
la base pour les deux autres pilliers, paix et sécurité et droits
humains.
M. Sha a insisté sur l'importance de compter sur
soi-même sur la voie du développement.
"Un pays doit principalement s'appuyer sur ses
propres efforts pour se développer... Tous les investissements étrangers
et le commerce extérieur peuvent être utilisés, mais c'est le pays
lui-même qui doit assumer la responsabilité primaire pour son propre
développement", a-t-il affirmé.
Sur le plan de la coopération avec d'autres pays en
développement (PED), la Chine y attache une grande importance et
travaille activement à promouvoir la coopération parmi les PED par le
biais d'une série de mécanismes, tels que le Groupe 77.
M. Sha a en outre remercié les Nations Unies de
l'assistance offerte à la Chine pour ses réformes, notamment dans les
domaines de la politique, de l'information et du soutien technique.
Avec l'approfondissement de la
mondialisation économique, la Chine et le reste du monde sont de plus en
plus interdépendants, a estimé M. Sha.