GAZA, 5 octobre (Xinhua) -- Les
responsables du Fatah et du Hamas ont déclaré séparément samedi qu'ils
espèrent établir un gouvernement d'union visant à recréer les forces de
sécurité et à préparer les élections présidentielles et
législatives.
Un dialogue interpalestinien sous la médiation de
l'Egypte est censé commencer début novembre au Caire, financé par le monde
arabe.
"Nous espérons que ce dialogue inter-palestinien,
qui doit avoir lieu ce mois-ci au Caire, arrivera à des résultats
constructifs pour réaliser l'unité nationale", a indiqué Musa
Abou Marzooq, un important responsable du Hamas.
Les responsables égyptiens de la sécurité ont
organisé des dialogues bilatéraux séparés en septembre avec les 12
factions palestiniennes, dont le Fatah et le Hamas. Les négociations
bilatérales entre une délégation du Hamas et l'Egypte doivent avoir
lieu le 7 octobre prochain.
"La réunion planifiée avec le côté égyptien abordera
l'essence des disputes palestiniennes, qui concernent le rétablissement
des infrastructures de sécurité, et l'installation d'un gouvernement
d'union national, ainsi que les préparations pour les élections", a
révélé M. Marzooq.
L'une des importantes disputes entre les deux rivaux
est le terme présidentiel de Mahmoud Abbas, qui doit finir le 8 janvier
2009, selon le Hamas.
Le Fatah a indiqué que les élections présidentielles
et législatives doivent être organisées parallèlement en janvier
2010. Les deux mouvements craignent un vide institutionnel si les
deux côtés ne peuvent parvenir à un accord sur le problème.
Les responsables des deux factions feront des
efforts au Caire pour mettre terme à l'actuelle dispute politique,
installer un gouvernement d'union, et résoudre les querelles
constitutionnelles sur les élections présidentielles.
Le Hamas insiste qu'un gouvernement d'union
national, basé sur de précédents accords, doit être constitué de ministres
du Hamas et du Fatah, tandis que le Fatah et les autres factions
s'efforcent de créer un gouvernement technocrate.
Le dirigeant du Fatah, Abdallah Abou Samhadana, a
indiqué que sa faction veut "un nouveau gouvernement palestinien qui
unifiera la Cisjordanie et Gaza, mettra fin à l'actuelle séparation
politique et au blocus de Gaza qui a duré plus d'une année et
demie."
Parallèlement, le chef de file de la délégation
palestinienne au dialogue et important responsable du Fatah, Nabil Shaath,
a révélé que le dialogue global sera lancé au Caire le 4 octobre
prochain.
Lors d'un entretien publié samedi par l'hebdomadaire
égyptien Octobre, M. Shaath a indiqué que son mouvement accepte la
proposition d'installer un gouvernement d'union national reconnu par
les Arabes et le monde.
"La mission de ce gouvernement se concentrera sur le
rétablissement des infrastructures de sécurité palestiniennes et les
préparations pour les élections présidentielles et législatives", a
souligné M. Shaath, sans évoquer l'installation d'un gouvernement
technocrate.
Samedi, le Premier ministre déposé du Hamas, Ismaël
Haniyeh, a qualifié d'"exploratrices" les négociations entre les
responsables égyptiens et les dirigeants palestiniens, souhaitant qu'elles
parviennent à l'ouverture d'un dialogue inter-palestinien.
"Nous espérons que nos négociations avec les
Egyptiens seront profondes et sérieuses et que les recherches ouvriront la
porte pour un réel dialogue palestinien sans condition étrangère", a
indiqué M. Haniyeh à Gaza.
Les responsables du Hamas au Caire "examineront la
situation palestinienne en profondeur et profiteront des précédentes
expériences afin que le dialogue n'ait pas de résultat superficiel",
a expliqué M. Haniyeh, évoquant également des accords précédemment signés
entre le Hamas et le Fatah, surtout l'accord de La Mecque en 2007 qui a
assuré la formation d'un gouvernement d'union.
M. Shaath a fait part de l'espoir que la réunion
bilatérale à venir entre les responsables du Hamas et les Egyptiens "sera
positive et ouvrira la route pour un dialogue national complet début
novembre."
Si un accord est atteint par toutes les factions en
novembre, il sera transmis à la Ligue arabe pour approbation, a-t-il
ajouté.
Les observateurs palestiniens croient que si les
partis ne parviennent pas à un accord à l'issue de leur dialogue, les
Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza connaîtront une crise
politique interne.
"S'ils échouent à aboutir à un accord, le Hamas
maintiendra son contrôle de la bande de Gaza, qui sera complètement isolée
de la Cisjordanie, et les Palestiniens auront en janvier deux
présidents et deux gouvernements", a estimé Hasan el-Jamal, un analyste
politique palestinien.