BRUXELLES, 4 octobre (Xinhua) -- L'Union européenne
divisée a peu de chance de suivre l'exemple des Etats-Unis qui ont adopté
un plan de 700 milliards de dollars pour contrecarrer la crise
financière.
La semaine passée a été dure pour les banques
européennes touchées gravement par la crise financière, amenant les
gouvernements de l'UE à injecter des milliards d'euros pour les
soutenir.
Jusqu'à présent, presque tous les efforts de
sauvetage ont été faits au niveau national ou par quelques Etats membres.
Il manque désormais une coordination au niveau de l'Union.
Lorsque la crise financière a touché l'Europe, les
dix premières économies européennes ont publié une lettre ouverte
mercredi dernier, appelant les gouvernements de l'UE à lancer une
récapitalisation coordonnée du secteur financier, soit par
l'achat des actions des banques, soit par la conversion de la dette en
actions.
Les économistes ont averti que ce plan visant à
sauver les banques privées avec la monnaie nationale pourrait conduire à
une "balkanisation du secteur bancaire européen".
Selon eux, l'interdépendance étroite entre les
banques européennes exige une réponse au niveau de l'union.
"Une crise systémique exige une réponse systémique.
Il est critique que les autorités nationales s'assoient ensemble pour
coordonner leurs réponses et chercher des solutions appropriées
au niveau européen, ont estimé des économistes.
Cependant, la proposition d'adopter un plan de
sauvetage à l'américaine a reçu une réponse teintée de scpeticisme chez
les responsables de l'UE et de ses principaux Etats membres.
Le Commissaire de l'UE à la politique économique et
monétaire Joaquin Almunia a déclaré que la crise financière n'est pas
aussi grave en Europe pour qu'"un plan de sauvetage à l'américaine
soit nécessaire."
Le président de la Banque centrale européenne,
Jean-Claude Trichet a dit que la structure politique de l'UE est mal
adaptée à un plan de sauvetage commun, estimant que chaque Etat membre,
doit prendre sa décision, à la place de Bruxelles.
"Nous n'avons pas un budget fédéral, donc l'idée que
nous pourrions faire de même que l'autre côté de l'Atlantique ne
s'adapte pas la structure politique de l'Europe", a-t-il affirmé.
Les deux grandes puissances de l'UE-27, l'Allemagne
et la Grande-Bretagne, ont rejeté également l'idée d'adopter un plan à
l'américaine.
Le Premier ministre britannique Gordan Brown ne
suivra pas l'exemple des Etats-Unis pour proposer un plan de sauvetage à
ses banques.
La chancelière allemande Angela Merkel a dit de son
côté que l'Allemagne ne peut pas et ne donnera pas un chèque blanc à
toutes les banques.
La France, présidente tournant de l'UE, soutient
l'idée de créer un fonds spécial de 300 milliards d'euros (413 milliards de
dollars) pour aider les banques européennes à faire face à la crise
financière, selon certains médias.
Mais le président français Nicolas Sarkozy a démenti
ces informations jeudi, indiquant qu'aucun fonds de sauvetage n'a été
envisagé.
M. Sarkozy doit convoquer samedi un sommet européen
à Paris pour coordonner les positions des pays européens sur la crise
financière internationale.
Plusieurs analystes estiment cependant peu
probable que le mini-sommet européen se mette d'accord sur un fonds de
sauvetage du secteur européen.