NAIROBI, 3 octobre (Xinhua) -- Les Etats-Unis ont
appelé le gouvernement kenyan à intensifier l'application des
recommandations du rapport Kriegler, particulièrement les réformes de
la Commission électorale du Kenya (CEK).
Dans un communiqué, l'ambassade américaine à Nairobi
a indiqué que Washington a insisté sur le fait que les commissaires
électoraux avaient perdu la confiance des Kényans depuis les
élections générales de décembre 2007.
Les Etats-Unis estiment que la CEK est responsable
du processus électoral et doit donc porter la responsabilité de la
manière dont se sont déroulées les élections.
"Le gouvernement américain réitère que le manque de
transparence et de responsabilité pendant les élections de 2007 a
sérieusement remis en cause la crédibilité des résultats", indique le
communiqué.
"Les Etats-Unis notent que les Kényans ont perdu
confiance dans les commissaires de la CEK, qui doivent être tenus pour
responsables", indique le communiqué alors que la veille le ministre
kényan des Affaires étrangères, Moses Wetangula, avait accusé des
ambassadeurs occidentaux d'activisme sous le couvert de missions
diplomatiques.
"Il est inacceptable pour un ambassadeur accrédité
au Kenya de pénétrer le bureau du détenteur d'un mandat constitutionnel et
de lui faire face directement afin de l'obliger à démissionner", a
tapé du poing M. Wetangula.
La CEK subit des pressions croissantes, notamment de
la Commission européenne.
L'ambassadrice de France au Kenya, Elisabeth
Barbier, a déclaré que la population, selon le rapport Kriegler, a perdu
confiance dans l'organisme électoral et ses employés, et c'est
pourquoi, il est urgent de procéder à des ré formes.
Mais dans un communiqué publié jeudi, les 21 membres
de la CEK ont annoncé qu'ils ne démissionneraient pas malgré les pressions
locales et internationales. Les commissaires insistent sur le
fait que leur destin dépend du président du Kenya qui les a nommés.
Les Etats-Unis auraient imposé une interdiction de
voyage sur les commissionnaires, mais l'ambassade américaine refuse de
commenter ces informations.
Le chef de la CEK, Samuel Kivuitu, a indiqué
qu'il pourrait démissionner bientôt à cause des pressions énormes provenant
des Kényans, notamment des officiels du gouvernement, qui
l'accusent d'avoir mal géré les élections.