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Crise financière : la croissance économique en Afrique serait  affectée
  2008-10-01 14:27:13  

     KAMPALA, 30 septembre (Xinhua) -- La crise financière qui  frappe les pays occidentaux pourrait affecter la croissance  économique en Afrique si les pays africains ne trouvent pas de  marchés alternatifs, ont indiqué mardi de hauts responsables  financiers.  

     Les exportations africaines vers les Etats-Unis et l'Europe  pourraient être affectées du fait que les Américains et les  Européens ont vu leur puissance d'achat affaiblie par la crise, a  indiqué le ministre ougandais des Finances, Ezra Suruma. 

     "Nous devons chercher des marchés alternatifs pour nos  produits", a souligné M. Suruma, lors d'une réunion de haut niveau de la banque sous-régionale Preferential Trade Area Bank.  

     L'une des options consiste à accroître les exportations  africaines vers les pays asiatiques, qui n'ont apparemment pas été touchés aussi profondément, a indiqué le ministre ougandais. 

     Via les programmes sur la croissance et les possibilités  économiques en Afrique (AGOA, Africa Growth and Opportunity Act)  et Tout sauf des armes (Everything But Arms), les pays africains  exportent leurs produits vers les Etats-Unis et l'Union européenne sans droits de douanes nis quotas respectivement. 

     Selon les chiffres officiels, les exportations africaines aux  Etats-Unis dans le cadre du programme AGOA ont triplé pour  atteindre 67,4 milliards de dollars en 2007. 

     Cette crise prouve que le concept du capitalisme doit être  réexaminé, a indiqué M. Suruma devant ses homologues des membres  du COMESA (Marché commun des Etats d'Afrique australe et  orientale). 

     "Le capitalisme ne pourra plus se maintenir en l'état, et la  réglementation gouvernementale est peut-être inévitable. Nous  devons nous péparer à un nouvel ordre mondial", a souligné le  ministre ougandais. 

     Le réexamen du concept de capitalisme ne signifie pas l'abandon complet de l'économie de marché libre, a-t-il déclaré.  

     Pour Mohit Dhoorundhur, président du Conseil d'administration  de la Preferential Trade Area Bank, l'impact de la crise sur les  économies africaines est encore imprévisible, bien que certains  analystes aient indiqué que les marchés financiers du continent,  n'étant pas au même niveau que ceux de l' Occident, ne seraient  pas aussi affectés. 

     "Le défi des banques, tant au niveau national qu'au niveau  continental, consiste à reconnaître la nécessité de changement, et à montrer leur détermination à entreprendre des réformes rapides,  alors que la crise est encore à distance", a souligné M.  Dhoorundhur. 

     Le COMESA regroupe le Burundi, les Comores, la République  démocratique du Congo, Djibouti, l'Egypte, l'Erythrée, l'Ethiopie, le Kenya, la Libye, Madagascar, le Malawi, l'île Maurice, le  Rwanda, les Seychelles, le Soudan, le Swaziland, l'Ouganda, la  Zambie et le Zimbabwe.