LOME, 29 septembre (Xinhua) -- La récupération des
ferrailles est devenue ces trois dernières années un secteur porteur au
Togo et attire chaque jour davantage d'opérateurs économiques qui y
investissent, a constaté l'Agence Xinhua .
Des sources concordantes, de fin 2007 à 2008, une
vingtaine de sociétés se sont installées et sont très actives dans la
récupération et le ramassage des ferrailles sur toute l'étendue
du territoire, s'approvisionnant également à partir des pays
enclavés comme le Niger, le Burkina faso et le Mali.
Un secteur où les opérateurs sont peu bavards sur
leurs chiffres d'affaires et surtout sur combien porteur il est par
rapport à des secteurs traditionnels presque saturés.
Selon des indiscrétions, une des sociétés installées
à Lomé qui emploie près de 150 personnes récupère entre 500 et 700 tonnes
de ferrailles par mois, des cargaisons ayant comme principales
destinations l'Inde, la Chine et l'Arabie Saoudite.
A longueur de journée des camions chargés de
ferrailles sont observables dans les artères de la capitale togolaise en
direction du Port autonome de Lomé. Il en est de même pour des
intermédiaires que sont des ramasseurs ou acheteurs qui
déambulent dans les rues et ruelles, allant aussi de maison à maison, avec
des charettes déjà remplies ou à la recherche des ustensiles et
autres objets en fer inutilisables pour les ménages.
Si les opérateurs en tirent grand profit, les
employés s'indignent de combien le travail est harassant mais mal payé.
Certains récupérateurs secondaires estiment vendre entre 120.000 et
140.000 francs CFA la tonne de vieux fers.
Un jeune originaire du village de Dosso au Niger, la
vingtaine passé, arrivé au Togo en 2005, a abandonné la vente des
friperies à la criée pour se convertir en récupérateur ambulant de
ferrailles.
"Mon ami, ça rapporte plus que la vente de friperie;
ça fait deux mois que j'ai commencé et je vois que je gagne mieux
qu'avant ", a-t-il confié à un corespondant de l'Agence Xinhua.
Pendant les grandes vacances scolaires qui finissent
déjà, des enfants, des élèves, se sont lancés aussi dans la danse en allant
de dépotoirs à dépotoirs à la recherche des ferrailles ou de boîtes
de conserves vides qu'ils espèrent vendre, de quoi s'occuper passer le
temps au cours des vacances.
Cependant les ministres du Travail, de la Santé
et de la Protection de l'Enfance avaient vite fait de sommer les
enfants de déserter le secteur, en raison des risques de maladies
qu'ils courrent en allant fouiller les dépotoirs et également contre
le travail des enfants.