NEW YORK (Nations Unies), 24 septembre (Xinhua) --
Le président tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete, dont le pays assume la
présidence tournante de l'Union africaine (UA), a déclaré, mardi sur
la tribune des Nations Unies, que l'UA plaidait pour le report d'une
éventuelle inculpation du président soudanais Omar el-Béchir par la Cour
pénale internationale (CPI).
Lors du débat général de la 63e Assemblée générale
des Nations Unies, il a averti que l'inculpation du président Omar
el-Béchir à ce moment précis "compliquera le déploiement de l'Opération
hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) et la gestion de la crise
humanitaire au Darfour".
"C'est pour cette raison que l'Union africaine
estime que le report est la chose la plus opportune à faire maintenant", a
déclaré M. Kikwete.
Il a ajouté néanmoins que cette proposition ne
devrait pas être perçue comme "un soutien à l'impunité", mais qu'obtenir
la coopération du gouvernement soudanais était essentiel dans
l'immédiat.
En juillet 2008, le procureur de la CPI, Luis
Moreno-Ocampo, a demandé qu'un mandat d'arrêt soit délivré à l'encontre du
président soudanais Omar el-Béchir pour des crimes de guerre, des
crimes contre l'humanité et le génocide commis au Darfour.
Le président tanzanien a également exprimé la
préoccupation des dirigeants africains face à la pratique de plus en plus
répandue en Europe de reconnaître à leurs tribunaux une juridiction
universelle. "C'est une cause de harcèlement pour les dirigeants africains
... et nous avons l'intention de soulever cette question devant les
Nations Unies afin de prendre les mesures qui s'imposent", a-t-il dit.
Le président de l'Union africaine a enfin réitéré
le souhait du continent d'une réforme du Conseil de sécurité qui lui
donne deux sièges permanents. L'Afrique est en effet le seul continent
qui n'en dispose d'aucun avec droit de veto.