ALGER, 24 septembre (Xinhua) -- Le ministre algérien
de l'Energie et des Mines, président en exercice de l'Organisation
des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Chakib Khelil, a indiqué
mercredi à Alger que la volatilité des prix mondiaux du pétrole
était due aux facteurs externes des fondamentaux du marché tels que
la politique monétaire aux Etats-Unis, le comportement du dollar face aux
principales devises, la spéculation et les effets de la crise des
subprimes.
Dès juillet 2008, un mouvement s'était déclenché qui
s'était traduit par "une baisse symétrique des cours (de pétrole) avec le
renforcement du dollar qui était arrivé (récemment) à 1,39 dollar
pour un euro entraînant, ainsi, une baisse à 90 dollars le prix
de baril contre 140 auparavant", a indiqué M. Khelil devant la
presse, cité par l'agence de presse algérienne APS.
Ce mouvement "de renchérissement du dollar a été par
la suite suivi de son affaiblissement en repassant de nouveau à 1,47
dollar pour un euro, faisant remonter le baril de pétrole à 120 dollars
durant une journée", a rappelé M. Khelil.
"Outre les facteurs de la faiblesse du dollar et le
mouvement de spéculateurs, il y a également toute la politique monétaire
américaine avec l'injection récente de liquidités par la Réserve
fédérale (Fed) pour aider les banques en difficulté", a-t-il
expliqué.
Estimant qu'une importante baisse de la demande
supplémentaire n'est pas à exclure pour l'année prochaine, il a affirmé
s'attendre à un repli à 900.000 barils/jour de cette demande en 2009
en raison de la récession aux Etats-Unis et en Europe, contre une demande
supplémentaire de 1,5 mbj enregistrée ces dernières années.
D'autant plus que cette demande supplémentaire
pourrait être satisfaite par des pays producteurs non membres de l'OPEP, a
indiqué M. Khelil estimant qu'il revient à l'OPEP "d'évaluer le
marché et de décider si elle peut vendre son pétrole sur le marché ou
réduire sa production" en fonction du niveau de la demande qui restera à
satisfaire.
Répondant à une question de la presse sur des
informations faisant état du souhait de la Russie d'intégrer l'OPEP, M.
Khelil a affirmé n'avoir reçu aucune demande de la part de Russie pour
en devenir membre: "en tant que président de l'OPEP, je n'ai reçu
aucune demande officielle de la Russie de devenir membre de
l'Organisation même si nous souhaitons qu'elle le devienne".
La Russie a annoncé récemment qu'elle
allait participer à la réunion extraordinaire de l'OPEP prévue le 17
décembre prochain à Oran, ville située dans l'ouest de l'Algérie.