DAKAR, 19 septembre (Xinhua) -- "Le Sénégal pourra
réaliser, dans quelques années, son autosuffisance en riz, s'il s'adapte
concrètement aux méthodes de la riziculture chinoise", a déclaré
vendredi un expert chinois dans un entretien exclusif avec l'Agence
de presse Xinhua.
Yang Tingming, chef de la mission agricole chinoise
au Sénégal, a rassuré que le chemin à parcourir pour atteindre cet objectif
au Sénégal ne sera pas long, puisqu'un nombre croissant de
cultivateurs locaux ont "saisi les secrets" du haut rendement de
riz, grâce aux stages qu'ils sont suivis auprès de la mission
agricole chinoise, active depuis novembre 2006.
Plusieurs experts chinois travaillent à Podor, dans
le nord du Sénégal, où ils procèdent à des recherches sur l'adaptation des
meilleurs semences de riz à la terre sénégalaise, tout en apprenant
aux cultivateurs locaux les techniques chinoises plusieurs fois
millénaires, indique M. Yang, qui vient de fêter ses 60 ans avec ses
collègues.
"La production de riz est actuellement de l'ordre de
300.000 tonnes au Sénégal, c'est à dire le tiers des besoins en riz du
pays. D'après les résultats de nos recherches, l'utilisation des
semences chinoises semées à la manière sénégalaise (épandage)
permettrait au Sénégal de produire grosso modo 600.000 tonnes de
riz. Or, si l'on pratique le repiquage de riz ici comme en Chine, le
rendement annuel atteindra sans problème jusqu'à concurrence de 900.000
tonnes.
Selon les dernières statistiques officielles, les
Sénégalais consomment chaque année environ 900.000 tonnes de riz dont
700.000 tonnes sont importées au prix de 50 milliards de FCFA, soit plus
de 100 millions de dollars.
"Il existe encore au Sénégal de grandes étendues
de terres non cultivées, à l'image de la vallée du fleuve Sénégal
qui renferme 240.000 hectares de terres propices à la culture du riz.
Mais jusqu'à ce jour, 50.000 ha seulement ont été mis en valeur",
a rappelé Yang Tingming, estimant que "si toutes ces terres
deviennent des rizières irriguées avec des eaux du fleuve
Sénégal, l'autosuffisance alimentaire tant espérée sera bel et bien une réalité".