NEW YORK (Nations Unies), 19 septembre (Xinhua) -- Plus
de 99% de tous les décès de femmes suite à des complications survenues au
cours de leur grossesse ou de l'accouchement surviennent dans les
pays en développement et 84% sont concentrés en Afrique subsaharienne et
Asie du Sud, selon un nouveau rapport publié vendredi par le Fonds des
Nations Unies pour l'enfance (Unicef).
"Chaque année, plus d'un demi million de femmes
meurent suite à des complications survenues au cours de leur grossesse ou
de l'accouchement", a indiqué le chef des services de santé de
l'Unicef, Peter Salama.
"Les causes de la mortalité maternelle sont claires
et les moyens de les combattre sont tout aussi clairs. Et pourtant des
femmes continuent de mourir alors que ces décès auraient pu être
évités", a-t-il dit.
Selon le rapport, intitulé "Progrès pour les enfants
: mortalité maternelle, un bilan statistique", les hémorragies sont
la cause de décès la plus fréquente, en Afrique et en Asie en
particulier. La santé générale d'une femme - y compris son niveau de
nutrition et son statut concernant le VIH - joue également un rôle au
cours de sa grossesse et de l'accouchement.
Des facteurs sociétaux, tels que la pauvreté, les
inégalités et les attitudes générales envers les femmes et leur santé, sont
eux aussi influents. Les pratiques culturelles ou traditionnelles qui
empêchent fréquemment les femmes de chercher à se procurer des soins
au cours de l'accouchement ou après, ont souvent des conséquences
négatives sur les taux de mortalité maternelle.
Dans le monde en développement, une femme a une
chance sur 76 de mourir de complications liées à la grossesse ou à
l'accouchement au cours de sa vie, contre une sur 8 000 dans le
monde industrialisé.
Au Niger, ce risque est le plus élevé, les femmes y
ayant une chance sur sept de décéder de ces complications, d'après les
estimations.
La plupart des décès maternels pourraient être
évités. De meilleurs soins de santé, en particulier au cours de la
grossesse, de l'accouchement et de la période post-partum, jouent à cet
égard un rôle capital.
Au rang des interventions qui améliorent la santé
maternelle, on note : les soins prénatals, des tests de dépistage du VIH
et un appui psychosocial offerts par les dispensateurs de soins, la
présence de personnel dûment formé au cours de l'accouchement,
des soins obstétriques d'urgence, des soins post-partum et des
services de planification familiale qui tiennent compte des
politiques nationales. Ces dernières années, il y a eu des
améliorations prometteuses dans le secteur des interventions pour la
santé maternelle.
La couverture en matière de soins de santé prénatals
dans le monde en développement a progressé de 15 % au cours des dix
dernières années, et 75 % des femmes enceintes y bénéficient
maintenant de quelques soins de santé prénatals. Par ailleurs, de
nombreux pays ont amélioré leur couverture en matière de présence de
personnel qualifié au cours de l'accouchement.
Dans certaines parties de l'Asie, la proportion de
femmes qui bénéficiaient de la présence d'un agent de santé qualifié au
cours de l'accouchement est passée de 31 à 40 % entre 1995 et 2005. Il
y a eu également des améliorations dans de nombreux pays africains.
Le rapport note toutefois que la progression vers
l'Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) concernant la
mortalité maternelle -- qui consiste à obtenir une réduction de 75 % des
taux de mortalité maternelle entre 1990 et 2015 - se déroule à un
rythme trop lent dans les pays en développement.
Pour atteindre la cible de l'OMD, la question de la
santé maternelle doit être abordée dans le cadre d'un continuum de
soins qui relie les services de santé essentiels pour les mères, les
nouveau-nés et les enfants.
De fait, les niveaux de mortalité maternelle
reflètent souvent la performance générale du système de santé national des
pays - en particulier au cours de l'accouchement et dans la période post
natale, lorsque les nouveau-nés et leurs mères sont les plus
vulnérables.
La solution consiste à développer à plus
grande échelle les services dont bénéficient tant les mères que les enfants
car la santé de la mère est étroitement liée à celle de son bébé.