ROME, 17 septembre (Xinhua) -- Le directeur de
l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
(FAO), Jacques Diouf, a appelé mercredi à augmenter la production
agricole mondiale pour faire face à la crise alimentaire mondiale.
Les prix de denrées alimentaires resteront encore
élevés pendant plusieurs années et, dans les pays pauvres, la crise
alimentaire perdurera, a prévenu M. Diouf devant le Parlement
italien.
"L'indice FAO des prix des denrées alimentaires a
augmenté entre 2005 et 2006 de 12 %, de 24 % en 2007 et d'environ 50 %
jusqu'en juillet 2008", a-t-il déclaré.
"Avant la flambée des prix des denrées alimentaires
en 2007-2008, 850 millions de personnes étaient sous-alimentées dans
le monde mais, pour la seule année 2007, ce nombre a augmenté de 75
millions", a affirmé Jacques Diouf.
Il a rappelé que dès le mois de juillet 2007, la FAO
avait proposé l'organisation d'une Conférence de haut niveau sur la
sécurité alimentaire et qu'en décembre de la même année,
prévoyant l'imminence et la nature de la crise, avait lancé l'Initiative
contre la flambée des prix des aliments afin d'augmenter la
production agricole mondiale.
Dans le cadre de cette Initiative, la FAO s'engage à
renforcer la production alimentaire dans 79 pays en fournissant semences
de qualité, fertilisants, outils et intrants agricoles.
"Nous devons relever un défi majeur", a déclaré le
directeur général de la FAO. "Il faut chaque année mobiliser 30 milliards
de dollars pour doubler la production alimentaire mondiale afin de
nourrir les 9 milliards d'êtres humains qui peupleront la planète en
2050."
Ces chiffres sont certes modestes s'ils sont
comparés au soutien accordé à leur propre secteur agricole par les pays de
l'Organisation pour la coopération et le développement économique
(OCDE) - 376 milliards de dollars en 2006 - et aux dépenses
d'armement qui ont atteint, toujours en 2006, la somme de 1.204
milliards de dollars.
"Le temps est venu pour la communauté
internationale de s'unir face à la crise alimentaire mondiale. L'Italie, qui présidera
le G8 l'année prochaine, a dans ce contexte une
responsabilité historique", a conclu Jacques Diouf.