DAKAR, 4 septembre
(Xinhua) -- Le secrétaire exécutif à la Convention-cadre des Nations unies
sur les changements climatiques (CNUCC), Yvo de Boer, a invité jeudi la
Chine à accompagner les pays africains dans leurs efforts pour accéder à
des projets conformes au Mécanisme de développement propre (MDP) visant à
réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Dans un entretien avec l'Agence de presse Xinhua
lors du premier Forum du marché du carbone en Afrique, qui se tient
actuellement à Dakar, M. de Boer a fait remarquer que la Chine a
bien réussi à introduire le secteur privé au MDP, grâce à la volonté
du gouvernement de promouvoir des projets de ce mécanisme et aux
politiques bien définies en la matière.
L'Afrique est la région la plus touchée par les
changements climatiques et la moins bénéficiaire des avantages offerts par
la Convention en question. Elle a rencontré de nombreuses
difficultés dans sa quête d'un développement propre en profitant des
investissements et des ressources pour faire face aux impacts
négatifs du changement climatique. Par exemple, le plus grand
défi que l'Afrique doit relever consiste à élaborer des politiques
appropriées et à renforcer la confiance des investisseurs privés
lorsqu'elle accède au marché du carbone, a estimé M. de Boer.
A ce jour, on compte plus de 1150 projets MDP
répartis dans 49 pays. Mais l'Afrique n'en a que 29 dans son ensemble.
Selon le rapport sur les projets énergétiques propres pour le
développement de l'Afrique subsaharienne, publié mercredi à Dakar, le
continent africain possède un énorme potentiel pour explorer des projets
MDP.
Ce mécanisme de développement propre a eu un grand
succès en dehors de l'Afrique, offrant ainsi un important canal aux
investissements à cet effet et à l'évolution des capitaux. Le
transfert de technologies a également connu un boom. Le nombre
des projets MDP augmentera en Afrique si les pays africains peuvent
gagner la confiance des investisseuers privés par la définition des
politiques favorables en ce sens, a affirmé le responsable de l'ONU.
En réponse à la question de savoir si la Chine
pourrait devenir un pays ayant des obligations dans la réduction
d'émissions des gaz à effet de serre en vertu des nouveaux règlements en
vigueur après la première phase du "Protocole de Kyoto" en 2012, M. de
Boer a relevé que les négociations très complexes à ce sujet sont en
cours entre les différents pays dont la Chine. Mais les résultats n'en
seront connus qu'à l'issue de la conférence sur les changements climatiques
prévue à Copenhagen en 2009. Consciente des menaces nées des changements
climatiques, la Chine a pris des mesures visant à réduire les émissions de
gaz à effet de serre. La Chine prendra elle-même sa décision quant aux
obligations à assumer compte tenu des conditions.
La Chine a un important rôle de leadership à jouer
dans les négociations d'un accord au-delà de 2012. Elle pourra apporter sa
plus grande contribution à la solution du dilemme auquel font
face les pays en développement : la croissance économique et les
émissions des gaz à effet de serre. Il importe donc de trouver un
moyen permettant de développer l'économie sans détruire
l'écosystème.