ROME, 3 septembre
(Xinhua) -- Au terme de deux ans de négociations, les Etats membres de l'
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
ont adopté de nouvelles directives pour protéger les poissons d'eaux
profondes et leurs habitats fragilisés.
Ces directives proposent un cadre auquel les Etats
doivent adhérer lorsqu'elles pêchent dans des zones de haute mer hors de
leur juridiction nationale, indiqué un communiqué de la FAO publi é
mercredi.
Stipulant que toute activité de pêche en haute mer
doit être " gérée de fa?on rigoureuse", les nouvelles directives énoncent
les mesures requises pour identifier et protéger les écosyst èmes
vulnérables et donnent des conseils sur l' utilisation durable
des ressources marines vivantes de haute mer.
Elles recommandent également que les pays é valuent
la pêche hauturière pratiquée par leurs flottes afin d'estimer d'éventuels
impacts né gatifs significatifs; que la pêche en haute mer cesse
dans toute zone où l'on estime que les é cosystèmes marins
vulnérables sont victimes d' impacts négatifs significatifs; que des
méthodes de pêche plus adéquates soient appliquées pour réduire les
impacts sur les espèces non ciblées là où la pêche hauturière peut être
pratiqué e de fa?on responsable.
Le sous-directeur général, chargé du dé partement
des pêches et de l'aquaculture de la FAO, Ichiro Nomura, a qualifié ces
l'adoption de ces directives comme "un pas important en avant", car
elles abordent à la fois les questions d' environnement et d'aménagement
des pêches de manière intégrée", .
"Jusqu'à présent, on ne disposait pas vraiment de
cadre international pour affronter ce problème. Ces directives
représentent un des rares instruments pratiques de cette nature",
a-t-il indiqué.
La FAO a expliqué que de nombreuses espèces de
poissons des grands fonds ont une croissance lente, parviennent à une
maturité sexuelle tardive, et ne se reproduisent pas forcément tous les
ans. En conséquence, elles présentent une faible résistance à la pêche
intensive, et il faut parfois plusieurs générations pour
reconstituer les stocks épuisés par la surpêche.
La pêche hauturière en eaux profondes soulè ve
également de graves inquiétudes pour d'autres espèces vulnérables comme
les coraux et les spongiaires délicats vivant en eaux froides, les
habitats benthiques fragiles des sources hydrothermales et des
suintements froids qui abritent des espèces que l'on ne trouve nulle
part ailleurs, et les monts sous-marins où vivent des espèces sensibles,
ajoute le communiqué.
La pêche en eaux profondes, activité relativement
nouvelle, requiert des ressources considérables en termes d'investissement
et de technologies, et rares sont les pays qui ont é laboré des
politiques et des plans ciblés pour leur gestion, y compris dans
leurs eaux territoriales, a déploré la FAO.