MOGADISCIO, 2 septembre (Xinhua) -- Khadra, qui vit
à Baidoa, ville somalienne située à environ 230 km au nord-ouest de la
capitale Mogadiscio, est devenue le seul soutien financier de sa
famille depuis que son mari est tombé malade.
Personne déplacée interne (PDI) ayant quitté
Mogadiscio il y a un an, les opportunités de travail étaient minces et elle
a dû recourir à l'occupation risquée de collecte de bois.
"Je devais marcher 10 kilomètres en dehors de la
ville chaque jour avec mes deux filles. Nous allions ramasser le bois pour
le vendre 30 000 shillings somaliens (environ un dollar)", a-t-elle
déclaré, et d'ajouter que ce revenu n'était pas suffisant pour
répondre aux besoins de sa famille.
D'après un communiqué de presse du HCR, ce travail a
également mis Khadra et ses filles en grand danger. "Une fois, j'ai été
pourchassée par plusieurs hommes armés. Cette fois-ci, nous avons pu
nous échapper, mais à d'autres occasions, des amies à moi ont été
violées", a-t-elle indiqué.
Khadra a décidé que cela ne valait pas la peine de
risquer sa vie et a commencé à chercher du travail moins dangereux.
Son dilemme est celui que partagent des milliers
d'autres femmes déplacées en Somalie, qui doivent se battre pour trouver
de quoi survivre -en nettoyant du linge, en collectant des déchets
et même en se prostituant dans certains cas- seulement pour rester
en vie. Nombreuses sont celles qui continuent de ramasser du bois.
Mais dans ce pays où la situation politique et les
combats ont obligé 850 000 personnes à fuir Mogadiscio, le HCR et ses
partenaires locaux et internationaux mettent au point des projets
qui aident les personnes comme Khadra à gagner de l'argent sans
risquer leur vie ou être exploitées
Le HCR octroie des subventions à des femmes de
Baidoa et des zones proches de Mogadiscio pour les aider à lancer des
micro- commerces, comme la vente de fruits et légumes.
Comme elles ne doivent plus quémander ou souffrir de
l'exploitation, elles regagnent leur dignité et recommencent à
croire en un avenir meilleur.
Le HCR envisage d'étendre ces programmes en
insistant sur la participation des femmes.
Elles pourront par elles-mêmes conseiller sur le
type de commerces qu'elles souhaitent et aider à établir des mécanismes
pour dénoncer les risques d'abus.
Mais en attendant, la plupart des femmes
déplacées en Somalie continueront à risquer leur santé et leur vie en effectuant
des travaux risqués.