TOKYO, 2 septembre
(Xinhua) -- La démission surprise du Premier ministre japonais Yasuo
Fukuda, qui intervient alors qu'il a assumé ce poste pendant moins d'un an,
a provoqué des ondes de choc à travers le pays, tout en causant une
importante incertitude dans les rangs du Parti libéral démocrate (PLD, au
pouvoir).
Depuis la déculottée de son parti au scrutin
sénatorial, deux mois avant son élection au poste de Premier ministre en
septembre 2007, M. Fukuda n'a jamais réussi à s'imposer face à une
opposition turbulente.
Les combinaisons de M. Fukuda ont été mises à mal
par les assauts du Parti démocrate du Japon (PDJ, opposition), qui a
refusé de former un gouvernement de coalition.
Fort de sa majorité à la chambre haute, le PDJ s'est
livré à une confrontation tous azimuts au sein du parlement, bloquant
plusieurs projets de loi majeurs, tels que la loi spéciale
antiterroriste visant à prolonger la mission de la marine japonaise
dans l'Océan Indien dans le cadre de la lutte antiterroriste en
Afghanistan.
De plus, la proposition sur le choix du gouverneur
de la Banque du Japon (BoJ) a été rejetée à plusieurs reprises au
parlement.
Bien que la Chambre des représentants (Chambre
basse), dont la majorité est détenue par le PLD, soit autorisée à rejeter
la décision du Sénat, ce processus de longue haleine a provoqué le
mécontentement de la population envers la politique, au détriment de
la popularité du gouvernement.
Depuis le début de l'année, M. Fukuda a vu
s'effondrer rapidement sa popularité qui est passée de 50% à 20%, à cause
d'une série d'incidents, dont l'éperonnage d'un chalutier par un
destroyer de la marine des Forces d'autodéfense, de la taxation
supplémentaire sur le pétrole, ainsi que de la réforme du système
d'assurance maladie.
Dépourvu de soutien public, M. Fukuda a été
dépossédé de tout moyen d'exercer une pression sur le bloc de l'opposition
au parlement. Les perspectives du parti au pouvoir pour le prochain
scrutin de la Chambre basse s'avèrent difficiles.
De surcroît, les relations entre le PLD et New
Komeito, petit parti membre de la coalition gouvernementale, ont achoppé
sur un bon nombre d'obstacles, avec comme points d'orgue l'adoption de
la prolongation de la mission de ravitaillement japonaise et le
calendrier de convocation de la session extraordinaire du
parlement.
Selon des analystes, étant donné que le parti au
pouvoir ne pouvait pas disposer d'une majorité des deux-tiers à la Chambre
basse, M. Fukuda était presque désespéré et a perdu sa
résolution pour poursuivre son administration.
M. Fukuda a déclaré que le moment était venu pour
qu'il démissionne de manière à affronter une nouvelle session
parlementaire pour faire sortir le parlement de l'impasse.
Les médias japonais ont dressé pour une bonne partie
un tableau sombre des perspectives du PLD, car la démission inattendue de
M. Fukuda, semblable à celle de Shinzo Abe, a porté un coup dur au
prestige du PLD.
La critique a même trouvé son écho au sein du PLD,
des membres du parti ayant qualifié la démission de M. Fukuda d'acte
"irresponsable".
Le secrétaire général du PLD, Taro Aso, est le mieux
placé pour succéder à M. Fukuda lors du prochain scrutin.
Dans de telles circonstances, il est encore trop tôt
pour dire si ce favori, une fois élu, sera en mesure de rompre avec le
destin de ses deux prédécesseurs.
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