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Japon : incertitude léguée au parti au pouvoir après la démission de Fukuda
  2008-09-03 07:19:15  

      TOKYO, 2 septembre (Xinhua) -- La démission surprise du  Premier ministre japonais Yasuo Fukuda, qui intervient alors qu'il a assumé ce poste pendant moins d'un an, a provoqué des ondes de  choc à travers le pays, tout en causant une importante incertitude dans les rangs du Parti libéral démocrate (PLD, au pouvoir). 

     Depuis la déculottée de son parti au scrutin sénatorial, deux  mois avant son élection au poste de Premier ministre en septembre  2007, M. Fukuda n'a jamais réussi à s'imposer face à une  opposition turbulente. 

     Les combinaisons de M. Fukuda ont été mises à mal par les  assauts du Parti démocrate du Japon (PDJ, opposition), qui a  refusé de former un gouvernement de coalition. 

     Fort de sa majorité à la chambre haute, le PDJ s'est livré à  une confrontation tous azimuts au sein du parlement, bloquant  plusieurs projets de loi majeurs, tels que la loi spéciale  antiterroriste visant à prolonger la mission de la marine  japonaise dans l'Océan Indien dans le cadre de la lutte  antiterroriste en Afghanistan. 

     De plus, la proposition sur le choix du gouverneur de la Banque du Japon (BoJ) a été rejetée à plusieurs reprises au parlement. 

     Bien que la Chambre des représentants (Chambre basse), dont la  majorité est détenue par le PLD, soit autorisée à rejeter la  décision du Sénat, ce processus de longue haleine a provoqué le  mécontentement de la population envers la politique, au détriment  de la popularité du gouvernement. 

     Depuis le début de l'année, M. Fukuda a vu s'effondrer  rapidement sa popularité qui est passée de 50% à 20%, à cause  d'une série d'incidents, dont l'éperonnage d'un chalutier par un  destroyer de la marine des Forces d'autodéfense, de la taxation  supplémentaire sur le pétrole, ainsi que de la réforme du système  d'assurance maladie. 

     Dépourvu de soutien public, M. Fukuda a été dépossédé de tout  moyen d'exercer une pression sur le bloc de l'opposition au  parlement. Les perspectives du parti au pouvoir pour le prochain  scrutin de la Chambre basse s'avèrent difficiles. 

     De surcroît, les relations entre le PLD et New Komeito, petit  parti membre de la coalition gouvernementale, ont achoppé sur un  bon nombre d'obstacles, avec comme points d'orgue l'adoption de la prolongation de la mission de ravitaillement japonaise et le  calendrier de convocation de la session extraordinaire du  parlement. 

     Selon des analystes, étant donné que le parti au pouvoir ne  pouvait pas disposer d'une majorité des deux-tiers à la Chambre  basse, M. Fukuda était presque désespéré et a perdu sa résolution pour poursuivre son administration. 

     M. Fukuda a déclaré que le moment était venu pour qu'il  démissionne de manière à affronter une nouvelle session  parlementaire pour faire sortir le parlement de l'impasse. 

     Les médias japonais ont dressé pour une bonne partie un tableau sombre des perspectives du PLD, car la démission inattendue de M. Fukuda, semblable à celle de Shinzo Abe, a porté un coup dur au  prestige du PLD. 

     La critique a même trouvé son écho au sein du PLD, des membres  du parti ayant qualifié la démission de M. Fukuda d'acte  "irresponsable". 

     Le secrétaire général du PLD, Taro Aso, est le mieux placé pour succéder à M. Fukuda lors du prochain scrutin. 

     Dans de telles circonstances, il est encore trop tôt pour dire  si ce favori, une fois élu, sera en mesure de rompre avec le  destin de ses deux prédécesseurs.

 

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