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Interview : la Russie n'a proposé qu'une autre interprétation du droit international
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Interview : la Russie n'a proposé qu'une autre interprétation du droit international
  2008-09-03 07:13:04  

     BRUXELLES, 2 septembre (Xinhua) -- La Russie n'a proposé qu'une interprétation alternative du droit international, a notamment  souligné M. Dominic Fean, assistant de recherche à l'IFRI, Centre  Russie/NEI, dans une interview accordée mardi à l'agence Xinhua. 

     "Les discussions d'une nouvelle Guerre froide ignorent les  différences économiques et idéologiques du monde contemporain : la Russie ne peut pas établir un système économique pour rivaliser  avec le marché global, et elle ne propose pas une idéologie  différente, mais une autre interprétation du droit international.  Les comparaisons avec la Guerre froide, comme celles avec la  concurrence des grandes puissances du 19e siècle, sont utiles pour montrer les particularités et les aspects d'une situation nouvelle, mais de parler d'un retour au passé est trop simpliste", a-t-il  fait remarquer. 

     Le sommet extraordinaire de l'Union européenne, tenu lundi à  Bruxelles, a décidé d'aider la Géorgie à se reconstruire, y  compris, éventuellement, l'Ossétie de Sud et l'Abkhazie. Mais  selon le spécialiste français des relations avec la Russie, la  division de l'Europe sur la question de la Russie a beaucoup gêné  les relations de l'Union avec cette dernière. 

     "La déclaration selon laquelle les négociations pour le nouvel  PCA seront repoussées lors que la situation continue est un rare  exemple de force diplomatique par les 27. Il reste à voir si la  Russie estime qu'un nouvel accord est assez important pour se  soumettre à la 'conditionnalité' célèbre de l'Union. Les obstacles restent majeurs, même si l'Union ne manque pas de moyens : la  division entre les Etats membres présente un problème qui n'a pas  disparu, et l'importance à long-terme que la Russe accorde l'UE  n'est pas prouvé - il est donc possible pour l'une des deux  parties d'ignorer les actions diplomatiques de l'autre", a  souligné M. Fean. 

     Selon M. Dominic Fean, il y a une possibilité d'escalade des  tensions dans la région où Moscou accuse l'Otan de concentrer des  forces navales, sous couvert d'exercices et d'aide humanitaire à  la Géorgie. Avec la question du stationnement de la flotte de la  Mer Noire en Ukraine, ce problème va continuer à contribuer aux  problèmes sur la scène régionale pour des années à venir.  

     "Il faut rappeler que la Russie garde une forte méfiance pour  l'OTAN, due aux origines anti-soviétiques de cette dernière, et  que la Russie se considère la première puissance navale dans la  Mer Noire", a-t-il indiqué avant de rappeler que ni la Russie, ni  l'OTAN n'a intérêt dans une confrontation directe, qui peut  encourager une tendance à surenchérissement. 

     Pour lui, la reconnaissance des régions séparatistes  géorgiennes par la Russie représente un challenge à l'Occident,  bien sûr, mais aussi ça représente une situation plus honnête  qu'avant, où la Russie entretenait des relations très étroites  avec les régimes à Tskinvali et Sukhoumi mais démentait  l'existence des relations d'alliance. "ça bloque aussi la  possibilité d'une implication internationale plus importante dans  les régions séparatistes, toute interaction désormais étant  interprétée comme une reconnaissance", a souligné M. Fean. 

     Parlant de l'issue de cette crise, M. Fean a estimé qu'il est  bien trop tôt de parler des gagnants en ce temps. "Mais il ne faut pas réduire la situation à un bras de fer entre les deux 'super  powers'. Il y a d'autres puissances qui peuvent perdre ou  bénéficier du nouveau rapport de forces, y compris la Chine, la  Turquie et l'Union Européenne : la région a toujours été un lieu  de convergences d'influences, et elle va continuer de l'être", a-t- il conclu.