(Photo: Xinhua)
BRUXELLES, 1er septembre
(Xinhua) -- Les dirigeants des 27 pays membres de l'Union européenne (UE)
ont terminé lundi à Bruxelles leur sommet extraordinaire sur la situation
en Géorgie sans pouvoir parvenir à une position commune sur l'instauration
de sanctions contre la Russie, bien qu'ils aient réussi à parler
d'une seule voix pour condamner la Russie et lui demander de mettre
pleinement en oeuvre l'accord de cessez-le-feu avec la Géorgie.
Dans une déclaration finale publiée à l'issue de
leur sommet de quelques heures dans l'après-midi, les dirigeants de l'UE
ont fermement condamné la décision unilatérale de la Russie de
reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud,
disant que cette décision est "inacceptable" et appelant les autres
Etats à ne pas reconnaître ces indépendances proclamées.
Ils ont également décidé de suspendre les
négociations sur un nouvel accord de partenariat et de coopération avec la
Russie avant la mise en oeuvre scrupuleuse du plan de paix en six
points, négocié par le président français Nicolas Sarkozy à la mi-août
lors de sa visite à Moscou et à Tbilissi.
Les dirigeants de l'UE n'ont pu dévoiler des plans
de sanctions contre la Russie, bien que certains pays membres, dont
la Pologne, la Grande-Bretagne et la littonie, aient fait des
efforts actifs pour l'élaboration de ces plans.
Juste quelques heures avant le
sommet, La France, l'Italie et l'Allemagne, qui constituent les "grands"
de l'UE, ont exclu l'instauraition de sanctions contre la Russie, malgré
son intervention en Géorgie et sa reconnaissance de l'indépendance
des deux régions séparatistes géorgiennes.
(Photo: Xinhua)
La France, qui assure la présidence actuelle de
l'UE, a travaillé activement pour que le sommet ne se concentre pas sur
les sanctions contre Moscou, afin d'éviter des divisions au sein de
l'UE.
Le Premier ministre français François Fillon a
indiqué qu'" aujourd'hui, le mot qui est à l'ordre du jour, c'est le
dialogue", non pas les sanctions. "Nous avons besoin d'un rôle européen
fort et réfléchi pour permettre un retour à la raison et à la
responsabilité", a déclaré le ministre allemand des Affaires
étrangères, Frank-Walter Steinmeier, qui ne veut surtout pas
provoquer d'"escalade".
Pour atteindre ce but, les dirigeants européens,
notamment le président en exercice de l'UE, le chef d'Etat français
Nicolas Sarkozy, le président de la Commission européenne José Manuel
Barroso et le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana se rendront le
lundi 8 septembre à Moscou et Tbilissi, pour tenter de progresser vers un
règlement du conflit, notamment d'obtenir un retrait des troupes russes de
Géorgie.
"Si ça marche, cela prouvera
alors l'efficacité de l'Union européenne, et si ça ne marche pas, alors
nous allons nous réunir pour voir ce qu'il faut faire," a souligné le
président Sarkozy lors d'une conférence de presse à l'issue de ce sommet
extraordinaire.
(Photo: Xinhua)
La déclaration finale du sommet insiste aussi sur
l'aide que l'UE est prête à apporter à la Géorgie: "aide à la
reconstruction" qui passera par une conférence internationale,
"développement de la coopération régionale", ainsi que "renforcement" des
relations UE-Géorgie, à travers la facilitation des visas et "la mise en
place éventuelle d'une zone de libre-échange complète et
approfondie".
Par ailleurs, les dirigeants de l'UE ont également
décidé de dépêcher une mission d'enquête en Géorgie, y compris dans les
deux régions séparatistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, pour évaluer
la situation sur place et préparer le terrain pour une future
mission militaire européenne.
La Géorgie, une ancienne république soviétique et
fidèle alliée des Etats-Unis, est depuis longtemps en désaccord avec la
Russie à propos des deux régions séparatistes et concernant sa volonté de
rejoindre l'OTAN et l'UE.
La Géorgie a envoyé début août des troupes en
Ossétie du Sud , pour en reprendre le contrôle, entraînant une
contre-offensive de grande envergure de la Russie et la reconnaissance par
celle-ci des deux régions séparatistes.