Tunis, 29 août (Xinhua) -- Le chef du gouvernement
italien Silvio Berlusconi est attendu samedi en Libye, pour une visite
qualifiée d'importante pour Rome et Tripoli, a affirmé vendredi
un diplomate libyen à Tunis, capitale tunisienne.
Durant cette visite, Berlusconi participera aux
cérémonies de la 39ème fête nationale libyenne à Benghazi, la deuxième
ville de Libye, située à environ 600 km à l'est de Tripoli, qui marque
l'accession du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi au pouvoir en 1969,
selon le diplomate libyen qui a requit l'anonymat.
"Cette visite sera marquée aussi par la signature
d'un accord sur des compensations fournies par Rome pour la période
coloniale, portant sur des milliards d'euros", ajoute la même source.
La Libye, dont l'indépendance remonte jusqu'en 1951,
a été occupée militairement par l'Italie à partir de 1911 avant de
devenir une colonie italienne dans les années 1930.
Lors d'une rencontre entre Silvio Berlusconi et son
homologue libyen Baghdadi Mahmoudi le 17 juillet à Rome, l'Italie et la
Libye ont souligné la "nécessité de régler le plus rapidement
possible" le contentieux entre les deux pays.
Auparavant, Seif Al-Islam Kadhafi, le fils du leader
libyen, avait qualifié l'accord entre les deux pays d'historique, et il
avait déclaré qu'il comprendra la construction d'une autoroute
côtière reliant les frontières libyennes avec la Tunisie à celles de
l'Egypte, coûtant environ 3 milliards d'euros.
Toutefois, les observateurs soulignent qu'en échange
du dédommagement accordé par l'Italie au titre de la période
coloniale, Tripoli pourrait accepter des patrouilles mixtes
italo- libyennes dans ses ports pour lutter contre l'immigration
illégale.
Cette mesure serait la seule possibilité, selon
Rome, pour résoudre un dossier qui est aujourd'hui au coeur des
préoccupations de l'Union Européenne, c'est celui des migrations
illégales vers l'Europe.
Selon des observateurs, la Libye est considérée
comme l'une des plaques tournantes de l'immigration des subsahariens depuis
plusieurs années, et principalement vers l'Italie.
Il convient de noter que Silvio Berlusconi
avait souligné maintes fois qu'il était "urgent" de mettre en oeuvre
l'accord bilatéral de décembre 2007 entre Rome et Tripoli qui porte
sur les patrouilles maritimes conjointes destinées à lutter
contre l'immigration clandestine.